mai 2011

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aber Berlin!

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Liebeskummer

« Tu te souviens être arrivée avec deux valises il y a neuf ans? », dis-je en rigolant alors qu’on remplit un des 70 cartons de chaussettes et autres piles de jean. Bébé gigote dans son lit et R. sourit. Ce n’est pas drôle du tout en fait. Tous foutent le camp, les choses changent et c’est bien. Oui oui, c’est ce qu’on se dit. « On voudrait que Berlin reste pareille, que la ville soit toujours innovante, excitante, pas chère et ouverte, mais c’est le contraire du changement », philosophe son mari en dévissant le plafonnier. Je pense à ça en attendant le tram, des francophones parlent des « plans cul d’Anna » et j’ai un haut-le-coeur.

Définitivement, j’ai passé l’âge. C’est la triste réalité qui me frappe quand deux touristes françaises approximativement vêtues de fourrures synthétiques et trop bourrées pour leur hauts talons me demandent la direction de la « Karl Avenieuw ». « Merci madame », gloussent-elles en s’en allant sous les réverbères pré-communistes. Ce n’est pas Berlin qui a changé, c’est nous qui avons vieilli. En vidant le grand appartement je suis prise de vertige pendant que Bébé, imperturbable, rigole encore au fond du panier à linge. Je compte les carreaux à laver et les encadrements de portes qui nous séparent du grand départ.

Je ne veux juste pas qu’ils s’en aillent. Encore un dîner en terrasse, « Il faudra qu’on aille au Bird bientôt », dit R. avant de se reprendre. « Enfin, il faudra que tu y ailles ». Je l’embrasse une dernière fois et c’est trop tard, je pleure sous la porte de la Kulturbrauerei. Ils montent dans la voiture, le siège auto est bien arrimé et je m’enfuis, si vous avez vu une andouille sangloter entre deux voitures de la Danziger, c’était moi, bientôt trente ans et ma jeunesse qui fout le camp.

En attendant, un petit bijou vu en concert

Il fait beau ce soir à Berlin. Ma filleule pleurniche, son frère m’a fait des sourires tout l’après-midi. Je suis dans la cuisine où, il y a sept ans, ils n’existaient pas. Mon amie est plus occupée, et tellement plus heureuse. Elle m’a passé son mari au téléphone. J’ai bu un peu trop de bière, il fait frais alors que je rentre dans mon chez moi à moi, dans le weit-Ost berlinois.
Les choses ont changé mais semblent être juste là où il faut. Comme si un ordre inconnu avait poussé chaque élément à leur place de toujours. Ce n’est pas comme cela que je voyais mon avenir il y a sept ans, mais c’est finalement beaucoup mieux. Ce chemin se termine, il donne sur une autre route et un autre paysage. Le projet Berlin est rempli.

Comment prononce-t-on Strauss-Kahn?

Ce nom de famille composé est d’origine germanique. En allemand on le prononce « SchtrAOooss-Kâân ». Néanmoins les noms des personnes d’origine étrangère peuvent être francisés lors de la naturalisation, et l’usage veut qu’on prononce les noms étrangères à la française. Par exemple Offenbach n’est plus prononcé OffenbaR comme il devrait l’être. Depuis que DSK est inculpé de crime, son nom est presque toujours prononcé à l’allemande. Cela n’a bien sûr aucune signification.

Pourquoi personne n’a parlé d’antisémitisme?

Oui, tiens, pourquoi? Il y a encore quelques mois (et depuis plusieurs années en fait) beaucoup prédisait qu’il était impossible qu’un Juif soit élu à la tête de l’Etat français. Logiquement quelqu’un devrait ressortir l’attaque antisémite, qui n’est pas plus improbable que celle du complot russe.

Qu’en pense Angela Merkel, après tout elle avait bien rendez-vous avec le patron du FMI ce dimanche, non?

Aux premières nouvelles elle ne pensait pas grand-chose et a pu prendre son goûter du dimanche tranquille. Mais en vrai, je suis sûre qu’elle se réjouit de l’avoir échappé belle.

C’est vrai quoi, la discussion eût-été probablement barbante.