juin 2011

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Untitled

En bas de chez moi il y a des gens qui font les poubelles du Leader Price. Dans la rue, une maison a gardé son enseigne de fabrique de chaussons. Il y a des bébés en poussette qui prennent les pots d’échappement dans la gueule, mes voisins m’ont souhaité un bon emménagement et la petite vieille du troisième m’a fait chier avec la porte d’entrée mal coincée. La pharmacienne confirme que les produits dérivés Dunkan se vendent vraiment bien, la petite ceinture découvre ses voies abandonnées au milieu d’arbres foisonnants. Dans le bar d’en bas, la tenancière pendue à son oreillette débite le prix des chambres pour deux mois au bled, je vois des voisins en calbut fermer leur volet, en face des géraniums alsaciens mettent une touche de joie. Les hélicos se succèdent à quelques encablures du périph, j’ai été réveillée par les ouvriers qui viennent refaire notre vieux toit en zinc. De la fenêtre de la cuisine, on voit le Sacré-Coeur.
J’ai emménagé à Paris avant-hier.

Uhrzeit

Bien sûr parfois j’ai le vertige. Un compte-à-rebours s’est enclenché, inexorable. Dix. Neuf. Huit.
Les jours s’enchaînent. A l’angoisse s’est mêlée la hâte, celle d’être enfin de l’autre côté.

Et pourtant cela semble irréel. Sous les plafonds monumentaux de cet appartement labyrithynque de Basse-Saxe,on se souhaite à bientôt, « avant la fin de l’année. » Comment accepter des retrouvailles dans sept mois, laisser mon amie, penser revoir mon quasi-neveu devenu petit garçon alors que ce bébé existe pour nous depuis que, six ans auparavant, nous avons vu ses parents s’embrasser?
Les heures s’égrainent. Le temps s’étale, impartial, revêche, montrant chaque moment à sa juste valeur. Neuf ans d’un coup, un tiers de vie, qui semblent tout à coup si longs alors qu’un nouveau châpitre s’amorce. Chaque soirée, chaque bouteille est dégustée à nouveau en souvenir, ça et là des photos viennent prouver la vérité des mémoires. Pendant ce temps le petit pousse et les jours passent. Il m’en reste huit, quand dans une semaine le train s’arrêtera dans cette ville, le jour du grand départ. Je suis fatiguée et anxieuse, excitée et ravie. Il n’y a pas de réponse, seul le temps, et ce qu’on en fait nous donne une indication. Encore huit jours. Seulement huit jours. A dans neuf jours.