juillet 2011

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Wo denn?

On dirait très exactement un vieux wagon du U2. Mais où as été prise la photo? La réponse est sur la photo, moi ça me terrifie…

C wie…

Bonne tranche de rigolade offerte gratuitement par la CDU. Pour les non-germanistes, il suffit de savoir que le C se prononce « Tsé »:

Photo trouvée là

Stupide coup de pub ou ratage magnifique? Même si le « C » se prononce comme le « Z » (Tsoukounft, avenir), dans un pays qui se désole que ses enfants n’apprennent plus  l’ancestrale écriture cursive et  de voir disparaître l’ortografe des livres d’écoles, c’est pas malin, surtout d’un parti conservateur comme la C… pardon, la ZDU.

Si vous aussi vous voulez trouver un mot qui commence par Y ou Z comme dans cheval, c’est par là.

Rien à voir: je crois qu’on est un meilleur journaliste quand on est à l’étranger et qu’on est moins impliqué dans les histoires qu’on est amené à raconter. J’en suis là de mes réflexions…

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Faulheit

Une qualité bien française que la paresse, art familier que je maîtrise à la perfection. Six années de glande, et me voilà balancée dans un monde cruel, bavard, entre le « on n’est pas au café du commerce » et le « vous êtes de province? » du goguenard garçon de café. Du commerce.

J’en étais au bord des larmes, regrettant ma chère patrie* molle et putriscente, mais calme et utérine, coincée entre la Havel et la Spree. J’entendis alors cette parole familiale « Faudrait savoir si le studio, on l’achète à Paris ou à Berlin? »

A mon coeur n’en jetez plus, je me sens prise entre les tenailles du choix (et de la gueule de bois). Je me rends compte aussi que quatre semaines à Paris et voilà, je suis incapable d’enchaîner deux bières sans être hilare, j’ai toujours dit que cette boisson ambrée n’était buvable que lorsqu’elle respectait la Reinheitsgebot. Encore une histoire de pureté originelle, tiens. Bon, je vais me coucher, je me réveillerai peut-être à l’heure de Berlin…

Qui va deviner où la photo a été prise?

*Pour en arriver à parler de Berlin comme de ma patrie, c’est vraiment qu’il se passe des choses pas conformes à la Grundgesetz dans ma tête.

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Demütigung

Contrairement à ce que j’ai cru longtemps, Demütigung signifie « humiliation ». Pourtant le radical est Mut, « courage », alors je pensais qu’il s’agissait juste de découragement.

Mais non. Et les humiliations sont comme ce mot, elles se cachent derrière des choses qui n’ont l’air de rien.

Par exemple hier soir, j’ai été victime de racisme.
Hier j’ai voulu aller dans un club parisien, avec des amis noirs. Oui oui, des gens noirs, des Français qui sont noirs. Genre des Français de France, mais ils auraient aussi pu être Français d’ailleurs, ou pas Français du tout, d’ailleurs. Même que parmi eux, un était blanc. Car on peut être noir et blanc, si la génétique s’y mêle. Il y a même des blancs tellement basanés qu’on les prend pour autre chose, comme mes cousins, ou, tiens, mes aïeux. A la loterie, j’ai tiré le blanchâtre aux yeux clairs, mais j’aurais pu avoir les cheveux noirs de jais de mes ancêtres lorrains ou les traits asiatiques des Bretons de chez moi. On ne peut rien lire sur la gueule des gens.

Mais hier, on s’est fait jeter, en groupe, et plusieurs fois, de trois clubs successifs. Au troisième, j’étais prête à défoncer la gueule du physionomiste. Là encore, la génétique a joué en faveur, j’aurais le physique d’un Klitschko je serai déjà en prison pour coup et blessures.

Ce qui m’a le plus déprimée, mais je ne les comprends que trop bien, c’est l’attitude de mes amis. Rodés à ces humiliations habituelles, ils se sont pliés au désiderata ridicules, absurdes et contradictoires du connard qui tenait la porte de sa boîte minable.

Cette ville rend les gens fous. Parfois j’ai l’impression que les immeubles vont s’effondrer sur nous, que les contraintes permanentes que les gens acceptent vont les lobotomiser, que je me réveillerai un matin et ils seront tous transformé en mannequins raides aux yeux vides. Je suis partie depuis trop longtemps: je sais qu’un autre monde existe, je refuse, de toutes mes forces, de prendre ces scandales comme des aléas inévitables. On a tous le droit de choisir comment vivre, seulement beaucoup l’ont oublié.

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Je me suis surprise à comprendre un peu de norvégien. Pas beaucoup, juste de quoi lire « violente explosion à la bombe » « au moins 84 morts » et « des explosifs trouvés sur l’île ». Une bombe plus une fusillade, quelle montée d’adrénaline. Au moment où c’est arrivé, je regardais un reportage du Spiegel consacré au premier anniversaire de la Love Parade.

Ces massacres annuels -trois en trois ans- font partie de mon travail. Ils le remettent en cause aussi à chaque fois. Quelle personne est-on quand on attend comme un spectateur de série télé que le bilan augmente ou que les photos de catastrophe tombent sur le fil des agences?

Je ne sais pas si je trouverai la réponse.

Boxi

Il n’y a qu’une poubelle dans la cour de mon immeuble. Une seule, verte, qui avale tout. Après des années de complainte sur ma cuisine transformée en annexe de la décharge, on pourrait croire que j’ai sauté de joie sur la simplification de ma vie quotidienne.

Tu parles, Charles.
Je me surprend à laisser les bouteilles et les emballages à part. Je n’arrive pas à mettre le papier avec le reste. Je cherche convulsivement le container adapté.

Pire: je vais toujours faire les courses avec un cabas. Je refuse obstinément les sachets en plastique, et la pharmacienne me prend pour une originale. J’ai des sueurs froides en voyant les parfaits et neufs sachets papier dans lesquels tout le bureau ramène son déjeuner… du sous-sol. C’est à dire que le sachet fait -1/+2 en ascenseur, avant de finir dans la poubelle. J’en ai un que je réutilise, et déjà je me sens coupable d’utiliser des couverts en plastique.

Je vous ai déjà dit que j’attendais au feu rouge? Pour quoi faire me direz vous, quand les scooter passent à contrer-sens sur les trottoirs…

Dès que je n’ai plus de photos de Berlin à poster, j’y repars!

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C’est une affection psychosomatique répertoriée. Les symptômes sont les suivants: envie d’aller boire une bière après le boulot, recherche effrénée d’un döner après la bière, complainte sur l’espace vital disponible*, désorientation inhérente à l’absence de Fernsehturm comme point de repère à la sortie du métro.

Un autre effet étrange est l’apparition soudaine d’images et d’odeur devant les yeux du patient atteint: il voit des pelouses à la place du bitume, de la neige sur les toits, des trams sous les roues des autobus.

Il n’y a pas de traitement connu pour ce type d’affection, qui peut prendre la forme de Londonalgie, de Barcelonite ou même de Parilgie -plus rare, celle-ci touche en général les jeunes filles romantiques.

Allez, vous pouvez jouer à deviner ce que représente les photos, et même d’où elles ont été prises!

*il s’agit évidemment de taille d’appartement, pas d’un quelconque Lebensraum de mauvais aloi…

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Sailyne* a eu la bonne idée de m’envoyer cet article qui m’a fait tomber de ma chaise. Enfin, je ne suis plus seule à dire que Berlin s’endort, repousse le changement et l’argent. Bon, je pense qu’après 20 ans il était temps que l’auteur du texte s’en rende compte, mais fondamentalement je suis d’accord avec lui.

Ce qui est drôle c’est que le même jour cela faisait écho à la Bild qui, après que Sarrazin se soit fait jeter d’un resto turc (normal), pointait la xénophobie berlinoise. En gros, les Berlinois seraient en train de virer racistes, contre les riches, contre les Souabes, contre les Sarrazin.

Tout est évidemment à prendre avec des pince-nez, malgré tout j’y vois une tendance de renfermement sur soi-même qui nous atteint dès qu’on reste un peu trop longtemps. J’ai eu un pincement d’angoisse quand on a garé la grosse Mercedes brillante en dessous de chez moi à Friedrichshain, à portée de cocktail molotov des alter-je-sais-pas-quoi du coin de la rue ; et j’étais la première à dire: « Vous n’aimez pas Berlin? Tant mieux, laissez-la nous!! »

C’est là que j’ai décidé de partir. Les arbres, l’espace, les Frühstück, cela me semblait trop peu pour construire ma vie de célibataire active. J’y mets un bémol: tout est différent, je le vois autour de moi, avec un enfant. Mais on fait ses choix avec ce qu’on a.

Je ne sais pas si Berlin se développera. Je n’y crois pas vraiment. J’ai grandi dans une ville touristique, allez, on va le dire: la ville la plus touristique du monde si on prend le ratio touriste/habitant (à peu près 70 pour 1). Et bien il n’y a pas de développement grâce aux touristes. Versailles étant une adorable ville résidentielle de la couronne parisienne, elle n’a pas de problème pour occuper ses habitants. Le cas est différent pour Berlin, qui manque foncièrement de tissu industriel. Et puis, ce serait une horrible concession capitalistique. Après tout, les touristes viennent y chercher les friches et les repas pas cher, ce qui est incompatible avec une ville active qui se développe.

Allez je sens que je m’énerve. Profitons plutôt du paysage.

Juste en face de la chancellerie, le long de la Bundespresseamt

*Sailyne, si tu redis que l’Alsace c’est un peu l’Allemagne je vais être obligée de te faire boire de la Kronenbourg en te gavant te tarte flambée froide!!!

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Moi je peux parler d’avant et après internet. Avant, c’est 2002, quand RFI est ton seul lien pour l’étranger, que le téléphone coûte un bras, alors tu utilises des Vorwahl en 01778… et ça grésille tant que tu abrèges.

Après, c’est des direct fait par Skype, une vie à travers l’écran, des photos instantanément envoyées et reçues à l’autre bout du monde.

Et, où que tu sois, la radio française dans le métro berlinois et la presse allemande dans ton nid d’aigle parisien. Franchement, si je parlais pas allemand, je ne servirai à rien au bureau, et je n’aurais rien à proposer.

Mais aujourd’hui, aaaah, l’Allemagne glamour et sexy fait ses gros titres.
Peut-être cela vous a-t-il échappé, mais Angela a dit qu’elle serait de nouveau candidate en 2013*. Depuis, on lui cherche un adversaire. Il faut qu’il soit de gauche, plutôt un mec, et pour une raison qui m’échappe, enrobé. Enfin, voici ce qu’on nous a dégoté:

Ils sont sexy non? Non? M’enfin. Steinbrück, là à gauche, il sourit (si, chez lui, ça s’appelle un sourire, les deux coins de la bouche ne sont pas à la même hauteur). A droite, les cheveux blancs de Steinmeier lui permettent de faire plus vieux que ses 55 ans, bah oui, il faut bien avoir l’air mature pour affronter le plus jeune chancelier que l’Allemagne a jamais eu. Quand à Sigmar Gabriel, au milieu, à part s’appeler Sigmar, je ne vois pas ce qu’il a pour lui. Mais je ne suis pas objective, sa coupe de cheveux me donne des boutons.

*Juste la semaine où on m’avait commandé un article sur « qui pour succéder à Merkel? »Ahahah.

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Mais la bonne nouvelle c’est que je travaille et c’est ma joie!
J’ai même trouvé le temps de raconter cette histoire: les Allemands n’en loupent pas une!
Si ca continue, je serai vachement vite de retour du côté des bonnes bières et des Würtschen…

Sommerloch

Enfin, un mystère intégral vient de se lever. Pourquoi donc les Allemands ont-ils une passion pour l’Italie et tout ce qui provient de la Péninsule?

Cette vidéo du Spiegel Online vous apportera la réponse, simple, évidente, et à laquelle je n’avais jamais pensée. Après la guerre, alors que les Allemands commencent à profiter de leur bien-être retrouvé, se pose la question angoissante des vacances: où aller dépenser ses Deutsche Marks sans avoir l’air d’envahir -encore- le pays? La France: non way. L’Espagne: pauvre et lointaine dans les années 50. La Grèce? Ils n’ont pas gardé un très bon souvenir de leur dernier contact teutonnant. Les pays du Nord non plus. Ne reste donc que l’ancien allié mussolinien, où il fait beau et où les pâtes sont bonnes.

Va pour la Deutsche Vita.

Cette vidéo regorge de découvertes:

Le camping en Trabant


L’hôtel roulant

La fonction politique de l’être-à-poil

Aaaaah. Tout cela me donne envie d’être en vacances…


et d’être en Allemagne.

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Le saviez-vous?

Savez-vous comment la presse allemande appelle le futur bébé Sarko-Bruni?
Le Minikozy!

Help

Je cherche à réactiver les widgets (colonne de droite et pied de page) mais je n’y arrive pas. Ils ne s’affichent pas (en tout cas je ne les vois pas). Quelqu’un a-t-il une solution?

Finalement les choses ne changent pas. Je me retrouve dans ma cuisine, prenant mon café, et écrivant un message de blog. Et j’ai une vague gueule de bois, comme toujours quand je suis sortie la veille. Finalement je comprends le fossé entre Berlin et Paris, on ne voit pas les choses d’un même oeil selon qu’on est un gars ou une fille. A Berlin, on est un bout de bois, à Paris un bout de viande. Enfin pas que, mais disons que la prunelle de nos vis-à-vis nous renvoie tout à coup à des choses qu’on peut oublier totalement de l’autre côté de la Spree.

Mais il manque les tilleuls. Vivre au dessus ou dans les arbres, c’est ce qui manque le plus. Leur odeur, leur couleur, le rappel de notre petitesse. Un jour les arbres gagneront, et c’est une certitude réconfortante. Vouloir construire une ville minérale est une idée saugrenue à laquelle Paris s’agrippe avec ferveur. Je reconnais ma rue parce que c’est celle qui a des platanes à un bout.

Hier en sautant sur de la musique moderne* je regardais les murs de la caserne, la tour de vigie, le jardin de Port-Royal et les képis et les galons nous entourant, je me rendais compte que cela faisait juste trop d’émotions en trop peu de temps. En reprenant machinalement le chemin de la fac pour rejoindre le métro, un autre choc de l’espace-temps m’a frappée. J’étais là mais pas là, j’habite Paris pour de vrai.

Je cherche encore Alex sur la carte du métro. Je sens qu’il va falloir que je m’habitue.

*à l’échelle de l’histoire s’entend:

Amnesia

C’est bien simple: depuis que je suis rentrée, les conversations tournent uniquement autour de… Berlin.

« -Oh mais c’est vraiment la ville idéale pour moi. Je pourrais dire que je suis communiste, alors qu’ici c’est une insulte! »
-Heureusement que c’est une insulte. Quand tu as vécu sur les restes d’un pays communiste, le communisme c’est ce qui a détruit les vies des parents de mes amis ou les as fait balancer en prison… »

Berlin 1-Paris 0.

Expérience de clubbing gratuite à l’occasion de la Fête Nat. Là, rien à dire, les Français étant frileux, ils ne manifestent qu’aux beaux jours, ce qui permet d’éviter la neige pour le bal des pompiers. Malgré tout, pendant que je matais les beaux gars de la fanfare, je me rendais compte qu’à Londres on écoute souvent la musique de l’année, à Berlin la techno de demain, et à Paris les chansons de l’avant-veille. Faire chanter les trentenaires sur New-York New-York, j’ai comme un doute.

Et puis les autres, là, qui ne connaissent même pas les paroles de Song 2 -sacrilège!- autrement qu’à travers la pub télé. Forcément, ils étaient au primaire lors de la sortie de l’album et doivent penser que Damon Albarn a une tête de singe.

Et puis ces reprises d’un truc inconnu?? Le tube de 2010. Ahhhhh. Je regarde ma voisine, non, ce n’est jamais arrivé à l’est. Je veux du Peter Fox.

Mais où j’étais les 10 dernières années? « Oh je trouve ça tellement courageux d’être partie ». Ma poule, si tu savais, le vrai courage, c’était de rentrer. Partir, c’était juste de l’inconscience.

Je crois que pour les prochaines fois je répondrais: Je sors de dix ans de prison. Oui c’était long. Non, je ne suis qu’en conditionnelle, je dois être rentrée avant la nuit. Ou bien je préfère l’hôpital psychiatrique? Il faut trouver une raison à cette longue amnésie.

PS: je ne changerai pas le nom du blog, puisqu’il ne s’agit toujours encore que de Berlin…

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Business

Parisiennes, investissez dans le maquillage: le rendement en bière est pas mal.


Unterschied

Les plus : pain au chocolat et baguette croustillante à chaque coin de rue. Famille nettement plus près.
Les moins : pas de café à emporter avec la viennoiserie du matin. Famille nettement plus près.
Le plus : coup de fil pas cher pour appeler en France !
Le moins : facture téléphonique allemande délirante pour régler les problèmes allemands.
Un autre plus : pas besoin d’attendre bêtement au feu rouge devant une rue vide.
Un moins : j’attends quand même comme une quiche. Ce processus de germanisation a abouti.
Un plus : je comprends quand on me parle au bureau, je peux même prendre en note les citations de mes interlocuteurs en étant sûre d’avoir compris le sens de leurs paroles.
Un moins : par contre je ne comprends pas comment ça marche au bureau. L’explicite n’est pas français, et visiblement on doit pouvoir apprendre rien qu’en reniflant l’ambiance. Il me manque des capteurs.
Le plus : je peux porter des talons et des chaussures chics.
Le moins : j’ai grevé mon budget en réalisant que je n’avais aucune chaussure d’été mettables.
Le plus : j’habite à côté de mes amis à Paris.
Le moins : j’habite loin des autres à Berlin.

Le choc

Parfois, juste, je n’y crois pas. Je me lève et je vois le Sacré-Coeur, et il est chaque fois éclairé sous un jour différent, sous un ciel profond, dans un décor changeant. Parfois plus proche, parfois très loin, toujours aussi blanc. Toujours aussi beau. Vraiment, c’est autre chose d’avoir une vue.

Je vais au travail, et j’ai même presque compris ce qu’on attendait de moi. J’ai mis au point des méthodes de tirage au flanc -ce n’est pas vrai, j’aime bien bosser. Je prends le métro chaque jour, il y a du bruit et des petits vieux. Je ne vois rien de Paris. Je ne croise pas mes amis.
Mais je n’arrive toujours pas à réaliser que je suis , et qu’il n’y a plus d’ailleurs. Je ne vais pas prendre l’avion dans quelques jours, il n’y a plus d’autre chez moi, éloigné et secret. Je n’ai qu’une seule vie qui tient dans un bloc. Et je n’en suis même pas malheureuse.

Certes, parfois quand je vois cette grande salle tranquille où on travaille, que j’entends des bouts de conversation à la machine à café et que je me planque derrière mes écrans d’ordi, je n’arrive pas à croire tout à fait que ce soit ma réalité. J’attends encore fébrilement la diffusion de mon dernier sujet en Pologne, histoire de me prouver que ma vie a bien été faite d’autres choses aussi.

En trois semaine j’ai jeté mes habitudes aux oubliettes, fait des adieux rapides, trouvé un appartement, transporté mes cartons, emménagé sous la pluie parisienne. Il y a des gens au bureau qui sont arrivés après moi, et j’ai déjà passé deux week end en dehors de Paris, en moins de 17 jours. On m’a annoncé deux grossesses, une entrée au séminaire, j’ai traversé Barbès en pleine nuit, les soldes en plein samedi, été de mariage replonger dans mon enfance à la recherche du rock trois temps et de la chevalière que je n’ai jamais portée.

Il y a un an je pleurais toute les larmes que je pouvais sur mon coeur brisé. Il y a dix ans j’ignorais que des choses comme cela était possible.
Il y a deux mois je ne savais pas où je passerai l’été.
Ce soir je bois une bière tchèque, un cadeau de départ, devant un clone du pied de lavande que j’ai donné en partant.
Chaque jour semble être une aventure, j’attends les avions du 14 juillet, dans ce pays étrange que je ne connais plus.

Je boirais bien une Hefe.