Sailyne* a eu la bonne idée de m’envoyer cet article qui m’a fait tomber de ma chaise. Enfin, je ne suis plus seule à dire que Berlin s’endort, repousse le changement et l’argent. Bon, je pense qu’après 20 ans il était temps que l’auteur du texte s’en rende compte, mais fondamentalement je suis d’accord avec lui.
Ce qui est drôle c’est que le même jour cela faisait écho à la Bild qui, après que Sarrazin se soit fait jeter d’un resto turc (normal), pointait la xénophobie berlinoise. En gros, les Berlinois seraient en train de virer racistes, contre les riches, contre les Souabes, contre les Sarrazin.
Tout est évidemment à prendre avec des pince-nez, malgré tout j’y vois une tendance de renfermement sur soi-même qui nous atteint dès qu’on reste un peu trop longtemps. J’ai eu un pincement d’angoisse quand on a garé la grosse Mercedes brillante en dessous de chez moi à Friedrichshain, à portée de cocktail molotov des alter-je-sais-pas-quoi du coin de la rue ; et j’étais la première à dire: « Vous n’aimez pas Berlin? Tant mieux, laissez-la nous!! »
C’est là que j’ai décidé de partir. Les arbres, l’espace, les Frühstück, cela me semblait trop peu pour construire ma vie de célibataire active. J’y mets un bémol: tout est différent, je le vois autour de moi, avec un enfant. Mais on fait ses choix avec ce qu’on a.
Je ne sais pas si Berlin se développera. Je n’y crois pas vraiment. J’ai grandi dans une ville touristique, allez, on va le dire: la ville la plus touristique du monde si on prend le ratio touriste/habitant (à peu près 70 pour 1). Et bien il n’y a pas de développement grâce aux touristes. Versailles étant une adorable ville résidentielle de la couronne parisienne, elle n’a pas de problème pour occuper ses habitants. Le cas est différent pour Berlin, qui manque foncièrement de tissu industriel. Et puis, ce serait une horrible concession capitalistique. Après tout, les touristes viennent y chercher les friches et les repas pas cher, ce qui est incompatible avec une ville active qui se développe.
Allez je sens que je m’énerve. Profitons plutôt du paysage.
Juste en face de la chancellerie, le long de la Bundespresseamt
*Sailyne, si tu redis que l’Alsace c’est un peu l’Allemagne je vais être obligée de te faire boire de la Kronenbourg en te gavant te tarte flambée froide!!!
Tags: Berlin, Deutschland, industriel, tarte flambée, torpeur, tropique
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J’ai l’impression que Berlin est tout de même assez active dans certains domaines.
Rien que dans l’audiovisuel, il y a de nombreuses sociétés reconnues au niveau international comme Native Intruments, Ableton, Adam… noms bien connus des musiciens et ingénieurs du son. Ce ne sont certes pas des ténors du DAX mais j’ai l’impression que ca bouge vraiment dans les nouvelles technologies -
Berlin était avant guerre la Capitale financière, industrielle, des média.
Toutes les grandes ban,ques, les assurances, la chimie y avaient leur siège + 120 journaux.
Depuis….3 millions d’habitant pour une superficie idem région parisienne avec ses 11 millions d’habitants…
Et surtout que du vide autour, pas d’industries, pas de « réseau » et le pouvoir économique au « sud ».
Berlin sera Versailles !PS : on n’apprécie pas l’esprit « rue de la Paroisse », une allergie au « Quartier Saint Louis », on déteste les jupes à carreaux + mocassins et blazer bleu marine…. et la poussette Mac Laren biplace ?
pmo versaillais éxilé plus à l’Ouest ( 12 km)
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Bonjour Caroline!
Contente de vous retrouver, sur le blog, et aussi a Paris. Oui revenir est tres etrange pour moi aussi apres 15 ans a l’est….j’ai l’impression d’etre touriste, j’ai d’autres reflexes, d’autres references, meme parler francais tout le temps je trouve ca fatiguant
La vie c’est le changement, tout change tout le temps et Berlin aussi, comme vous, comme moi.
Tout est possible.
Bienvenue et a tres bientot! -
Article intéressant dans « The Local », que je lis tous les jours: ça nous change de leurs habituelles brèves au ras des pâquerettes !
Mais comme tu dis, il y a des choses à prendre avec des pincettes… je comprends qu’une partie des Berlinois n’aient pas spécialement envie que leur (ou notre?) ville se transforme en copie de Londres en moins bien. Dans le cas de notre auteur, eh bien peut-être qu’il s’est rendu compte qu’après un certain nombre de décennies sur cette terre il n’a plus les mêmes attentes que le jeune étudiant qu’il était à Berlin-Ouest dans les 70s, et qu’il vaut mieux partir. Critiquer le « mismanagement » de Berlin pour justifier son retour à Londres demande quelques omissions, et ensuite affirmer avec aplomb que « places like Melbourne and Zurich are not just easy to live in but are embracing change. They give a sense that new ideas can be realised, that money can be made and that foreigners are not just something to be tolerated but celebrated as part of the adventure of urban life », c’est vraiment fort de café, surtout la partie qui concerne les étrangers… Que les Zurichois aiment l’argent, il n’y a pas de doute, mais l’amour pour les étrangers n’est pas vraiment leur plus grande vertu (UDC anyone?), quant à nos amis australiens, sans vouloir leur jeter la pierre, ils ont connu d’effroyables émeutes raciales au cours de la dernière décennie… Tiens d’ailleurs je m’en vais lui mettre cette réponse directement dans le journal…Après je suis bien d’accord pour dire que Wowi c’est un bouffon. Mais un gentil bouffon, pas comme Sarrazin, qui lui, est un méchant bouffon.
PS: j’ai été invité à un mariage par un « Marquis »… oui, la classe versaillaise me rattrape!
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Il ne s’agit pas de Berlinalgie, mais d’une vieille maladie la Berlinite !
Phénomène bine connu qui iduit chez le patient un besion immense de revenir à berlin et de trouver cette belle « endormie » toujours aussi charmante !
Une petite bière au coin de la rue sur le trottoir tranquille sous les tilleuls ? hum………….
Berliner luft ! -
@ JM : L’UDC a quand meme de meilleurs scores electoraux dans les cantons ruraux autour de Zurich qu’à Zurich même, qui, comme un grand nombre de « capitales » et grandes villes Européennes, est dirigée par un (une, ici) maire socialiste (http://fr.wikipedia.org/wiki/Corine_Mauch) et ce à l’instar de Paris, BXL, Berlin …
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On en apprend des choses sur ce blog

En effet j’avais vaguement l’idée que l’UDC est plus « rural » mais je ne suis pas allé creuser. Quoi qu’il en soit, Zürich c’est plein d’Allemands et ils sont assez unanimes: les autochtones ne les aiment pas beaucoup beaucoup. Et puis, j’y ai passé une semaine à Zürich, pour le boulot, mmmh c’est un village mignon, propre et riche en bordure de lac, où les bars ferment à 23h, heure à laquelle le tram arrête de fonctionner… brrrrr… comme métropole mondiale on fait mieux :-/ -
Vu du Sud-Ouest, je suis obligée de te dire que l’Alsace et l’Allemagne se sont la même chose. Foncièrement, il y a des différences on est bien d’accord (surtout que l’Alsace est redevenue française depuis pas mal de temps maintenant), mais culinairement parlant et culturellement parlant aussi d’ailleurs, ça se ressemble énormément… surtout si on compare Swäbisch, Baden et Alsace. Et le premier exemple qui me viendra à l’esprit sera bien sûr la viande (qui est un synonyme du porc) fumée. Voilà. Jamais vu ça dans ma France du Sud (nous on est plutôt confit ou séché, mais pas fumé). Culturellement parlant, je pense que ça s’applique au fait que chez moi on se débrouille / on bidouille. En Alsace on est comme en Allemagne, on suit la règle, la loi.
(sinon dans mon pseudo le y et le i c’est andersrum mais c’est pas grave)
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@ JM : les allemands ont une histoire assez compliquee avec la Suisse.
sinon, pour l’UDC, voir ceci http://welections.wordpress.com/category/switzerland/
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