Das Leere

J’ai l’impression que ma vie a explosé.

Une explosion invisible. Un peu comme le blast, le souffle de la déflagration qui détruit les organes mais en apparence, tout est normal. Cette fois ce serait plutôt l’inverse. Tous les attributs extérieurs ont changé, mais moi, au centre, je suis censée être identique.

Il paraît qu’il ne faut pas que je plaigne, parce que j’ai des choses que d’autres non pas. C’est vrai. Je me demande alors si j’ai le droit de me plaindre des choses que les autres ont, mais pas moi?

Je regarde autour de moi, et je me demande où est passée ma vie. 50m2 entassés dans 10, des horaires qui m’épuisent, la disparition de toutes les choses que je connaissais bien ; l’annihilation de mon petit trésor, mon expérience accumulée.

J’arrive ici, et je ne suis rien. Les autres me regardent et me jaugent à l’aune de leur vie, et à leurs yeux non plus, je n’ai rien.

Le pire, c’est que sincèrement, je m’en fiche. J’ai encore envie d’être libre et de sortir à l’improviste avec Chère coloc, c’est moi qui devrait garder la petite en attendant son frère, je devais être allée à l’anniversaire de mon quasi-neveu. Je n’en suis pas arrivée à vouloir changer les couches tous les jours ou faire une fête de 300 personnes, et c’est mon droit.

Neuf ans à accepter les différences, neuf ans à envisager les possibilités, neuf ans à choisir ma liberté, mes heures de travail, à être sérieuse aussi, neuf années à fuir, peut-être, mais en construisant tant de choses dont je n’avais pas conscience. Je n’avais pas réalisée la liberté d’esprit que m’offrait Berlin, pas vu la force des liens d’amitié que nous avions tissé au fil des années, des pannes de chauffage et de naissances de bébés. Je ne veux pas qu’on me juge parce que, à presque 30 ans, je n’ai pas encore d’enfants. C’est vrai que je suis rentrée de Berlin parce que j’étais trop seule, trop pauvre et sentimentalement à la ramasse, mais je n’avais pas pensé que je serai un alien en arrivant à Paris. Tout m’y est étrange, beaucoup de choses sont si vieilles que je ne m’y reconnais plus, je ne sais pas faire, je ne comprends plus rien. Pour ceux qui regardent TBBT, je pensais être Leonard, je découvre que je suis Sheldon. Oui, moi aussi, je pense que certains amis cherchent un moyen de me laisser geler dehors. Ou peut-être pas. Je n’en sais rien.

On dirait qu’en dehors de Berlin, das Leben ist sinnlos.

7 comments

  1. Nathalie’s avatar

    Bon caroline il faut peut-être songer à un retour à Berlin…?

  2. Anne-Sophie’s avatar

    Bonjour Caroline,

    On ne se connait pas du tout, mais nous avons les mêmes débats intérieurs en ce moment. J’aimerais vous dire des choses intelligentes et rassurantes car je vous comprends tellement, cependant je ne peux vous dire que vous seule avez la réponse à vos questions/tourments…. personne ne vous connait mieux que vous-même……et oui qu’il est facile de partir alors que revenir est si dur….Mais rien n’est perdu vous savez, votre vie intérieure n’en n’est que plus riche et cela vous rend plus forte, et avec cela vous pouvez être…n’importe ou! Une activité ou un amour peut nous ancrer/fixer quelque part….Cela dépend de vous, vous avez la chance d’être jeune et libre, regardez plutôt les avantages, prenez votre temps aussi, et si les inconvénients deviennent insurmontables alors continuez, la vie est trop courte et passe trop vite pour toujours attendre quelque chose qui ne vient pas. Seriez vous plus heureuse à Berlin? Peut-être pas, peut-être que le problème est ailleurs?

    PS: Pour moi c’est tout vu, j’ai vraiment essayé, mais au bout d’un an, rien, rien et puis Paris demande tant de sacrifices, il faut vraiment vouloir coute que coute y vivre pour y rester, et cela n’a jamais été le cas….

  3. Cécile’s avatar

    Bonsoir,

    je passe sur ton/votre blog régulièrement. Je ne commente jamais… et là je ne sais pas quoi dire… c’est bête, hein ;-) Juste que je comprends, enfin je crois que je comprends. Que je suis désolée pour toi/vous… (ah cette impression de proximité qui semble autoriser le tutoiement…).

    Peut-être faut-il retourner (rentrer) à Berlin?
    Quoi qu’il en soit bon courage.

    Amicales pensées

  4. pmo’s avatar

    Tiens bon la rampe ! ;-) )

  5. Thierry’s avatar

    bon courage pour ta nouvelle vie à Paris.
    Je suis retourné à Berlin au printemps dernier, 25 ans après, beaucoup d’émotions et déjà envie d’y retourner.
    J’ai passé quinze ans à Paris et maintenant je n’y retourne qu’en touriste
    Accroche toi !

  6. chlipounii’s avatar

    Caroline ça fait du bien de pouvoir te lire à nouveau!!
    Et toujours l’impression que tu trouves les bons mots pour exprimer ces sentiments que je n’arrive pas à expliquer…
    Pour moi après plus d’un an le mal-être ne s’est pas arrangé, et chaque retour à Berlin est une bouffée d’air frais, et me décide un peu plus: je me laisse encore 6 mois pour essayer de retrouver ma place en France et si je n’y arrive toujours pas, je rentre à Berlin…

Comments are now closed.