Sincèrement, je crois que je ne vais pas y arriver. Je le dis sans amertume, sans regret. Cela fait 5 mois que je tente l’affaire, je regarde, je peux comparer avec les cartes en main. Et je peux dire: je n’ai même pas envie d’y arriver. Honnêtement, j’ai de bonnes raisons de prendre tout cela désormais par dessus la jambe, vu qu’ici rien n’est sérieux:
J’ai envie de rigoler. Pour dire la vérité, je me suis arrêtée par habitude devant la vitrine, ai vu l’affiche, suis repartie. 50m plus loin, j’ai réalisé l’énOrmité de la chose, et je me suis dit que cela vous ferai rire aussi. Au cas où quelqu’un aurait un doute, j’habite dans un quartier pauvre.
La vérité est que je ne supporte plus tout cela. Un fossé très large est creusé entre moi et ceux qui ne sont pas partis. Je suis un peu désolée mais n’ai pas le courage de m’en préoccuper vraiment. J’ai mis 10 jours à réaliser qu’une ancienne amie très chère ne m’a pas souhaité mon anniversaire. C’est la vie, et la preuve qui me manquait qu’il n’y a pas de retour en arrière.
Peut-être bien que je me suis trompée, que j’ai cru que je pouvais me fondre dans la masse en faisant abstraction des années passées ailleurs. En fait, non. On ne peut pas jeter aux orties les années qui nous ont construites. C’est plutôt très très rassurant. Je suis une expatriée, et cela n’est pas près de changer. J’ai l’impression d’être ici en transit. Je suis contente d’être passée par là, je me sens moins bête -et plus sûre de mes choix.
ça aussi c’est une vision rassurante, non?
Il est difficile de dire ce qu’il va se passer désormais, dans les quelques semaines qui arrivent. Il me semble que, sauf événements improbables comme une augmentation de 30% de mon salaire, une arrivée de prince charmant sur un métro volant et la découverte de l’appart parfait, je ne suis pas prête à me sacrifier pour rester ici. Bien entendu, on n’est jamais à l’abri d’une bonne surprise.
Saviez-vous que, depuis que je suis à Paris, j’ai tout le temps faim? La taille moyenne de confection des femmes de l’entreprise étant le 34, je me sens en faute quand je prends une soupe PLUS un sandwich. Les pubs nous enjoignent « à surtout ne pas céder », c’est vrai quoi, vivre à Paris et profiter d’une pâtisserie, c’est péché. N’ayant plus le temps de cuisiner, je mange des choses au vol, je n’ai pas le temps de marcher en ville, si je ne fais pas attention, vissée sur ma chaise, je risque l’obésité en ne rentrant plus dans mes pantalons en 36.
Evidemment ce genre de révélation n’a rien à voir avec l’installation de la télé allemande dans mon grenier. Vendredi soir, j’ai regardé le télé-crochet Comedy Central et j’ai applaudi quand Markus Krebs* a gagné. Le bouquet gratuit prend fin au 1er janvier, il faudra qu’une décision soit prise d’ici là. C’est dire si je suis en plein processus de réadaptation.
*Ce Ruhrois (?) est très drôle et réalise le tour de force de raconter des blagues en riant, et sans être vulgaire.
Tags: appartement, départ, location, Paris
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Caroline!
je viens de t’envoyer un email
je suis d’accord avec Chantal, profite des 16 degrés, on gèle déjà partout ailleurs. Sinon puis je te demander la permission, à titre strictement personnel, d’envoyer la photo de l’annonce à quelques amis berlinois et praguois? ils ne me croient pas quand je leur dis…….:-) -
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Elle est très bien cette annonce ! Meublé donc expulsable facilement, pas d’ascenseur = on peut abuser des patisseries sans crainte en montant les escaliers avec les sacs de courses, c’est à peine le prix d’un luxueux 130m2 à Berlin Mitte.
C’est idéal pour obtenir une adresse permettant de scolariser sa progéniture à Janson de Sailly et suivre les traces de VGE, Fabius, Dassault, Bouygues et même une certaine Carla si j’en crois Wikipedia
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Si encore c’était « 2 pièces de 27m² » chacune ça irait ! Pour le reste, à part s’accrocher et bien réfléchir à la suite et à ce que tu veux et peux, seule toi à la solution. Et souviens toi toujours de ça : il y a toujours une solution.
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Pardon je m’incruste aujourd’hui
mais juste pour dire que la réaction des gens que je connais est incroyable et se divise en 2 camps: les étrangers sont estomaqués et les Français, parisiens pour la plus-part, trouvent ça normal, ben oui c’est les prix du marché…..NORMAL??!!!!! Ok je suis pas dans le bon pays là, en tout cas la révolution ici c’est pas pour demain, je suis sidérée!!!! -
Est il normal de se faire sucer le sang…..Non !
Vive la banlieue à 1/2 heure de Paris. -
Je suis d’accord avec vous : le prix des logements à Paris est prohibitif. Par contre, comparer le prix des loyers parisiens avec ceux de Prague ou Berlin est un poil démesuré dans le sens où
1- les salaires ne sont pas les même. On gagne plus à Paris (même si oui in fine la qualité de vie est peut-être moindre)
2- je vous engage à trouver un boulot d’ingénieur à Berlin. BON COURAGE. A Paris, la probabilité que vous soyez au chômage en étant ingénieur est relativement faible, à Berlin, il n’y a qui cherche encore. (je ne connais pas le marché de l’emploi de Prague mais je présume qu’il en va de même qu’à Berlin)
Du coup, entre être chômeur à Berlin et payer un loyer minable ou être employé à Paris et avoir un loyer prohibitif, je comprends vraiment les gens qui choisissent de ne pas être chômeur.
D’ailleurs, le travail, c’est bien une des choses qui a poussé Caroline à rentrer au pays, non ?-
Et chômeur avec un loyer prohibitif? On fait comment? c’est une réalité aussi, personne n’est à l’abri d’une perte d’emploi….
Je suis d’accord avec Vous Céline mais je crois que les sentiments sont aussi importants, à Paris on peut se sentir exclu en ayant tous les attributs, et Ne pas se sentir pauvre à Berlin ou à Prague car l’essentiel est ailleurs et les gens vous jugent autrement.
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Coucou!
En effet, c’est un loyer du XVIe, la caricature du loyer parisien. Mais le fait est que c’est partout du vol, même pour quelqu’un qui vient de (dit-on) la ville la plus chère d’Allemagne (Munich).
Paris est une ville dure, de plus en plus dure pour qui n’a pas un bon gros salaire. Avec un peu d’astuce on s’en sort, mais quelle dépense d’énergie!
Il faut relativiser, en allant voir à Londres et à New York: Paris semblera une ville peu chère; bref, c’est effet capitale-mégalopole qui est aussi le (ou un des) centres économiques du pays, ce qu n’est pas Berlin.
Enfin, en effet, enjoy the sun: dans ces moments, Paris est enchanteur. Avec du bon vin (et là tout de même, il n’y a pas photo).
Bon courage. Croisons les doigts pour les 30 %! -
j’étais pas revenu ici depuis un moment. j’ai pas encore eu le temps de tout lire. je le ferai bientôt! j’en profite quand même pour te saluer! et te remercier!
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