C’est incroyable le nombre de fausses vérités qu’on peut entendre à propos de l’Allemagne. Si on écoute les commentateurs, les Allemands sont « traumatisés » par l’hyperinflation des années 20, et cela suffit comme explication à tout le monde semble-t-il. Un petit somme sur le divan du docteur Freud, et les problèmes de l’Europe seraient réglés, peut-on en déduire.
Haaaalllloooo, il y a quelqu’un pour réfléchir ici ? Je veux bien que les Allemands aient la mémoire longue et aient du mal à se défaire de certains de leurs traumatisme passés, mais peut-on sincèrement croire que des charrettes de billets vieilles de quatre-vingt-dix ans ont encore un pouvoir souverain sur les banquiers de la Bundesbank ? Pour quel crétin nous prend-on ?
Ce que les « analystes « , « spécialistes » et autre alainduhamelistes pérorent à longueur de journée et le fruit d’une ignorance inadmissible et qui prouve, une fois de plus, qu’il est toujours risqué de parler d’un sujet qu’on ne connaît pas. Malheureusement, ceux qui connaissent l’Allemagne y restent en général, il n’y a donc personne d’un peu concerné pour entendre les âneries proférées.
Ce que tout le monde oublie, c’est que cela fait 20 ans que les Allemands payent. Quand la Réunification leur est tombée dessus, la RFA ne pensait pas trouver de l’autre côté du mur une économie en capilotade. Pendant dix ans, elle a payé pour intégrer, racheter, transformer, moderniser les infrastructures de l’ex-RDA. Toute personne qui passe en voiture sur la nouvelle autoroute du sud de la Thuringe peut voir l’ampleur de l’effort consenti.
Mais en 2001, cela ne suffisait plus. Alors Schröder, fasse au chômage et au retournement démographique, a lancé l’Agenda 2010. Entré en vigueur en 2002, les Allemands ont perdu une partie de leurs avantages, renoncé à leur retraite d’état, accepté (de mauvaise grâce) les jobs à 1 euro de l’heure. En 20 ans, les Allemands ont perdu presque 5% de pouvoir d’achat, à cause des réductions, puis augmentations de temps de travail, de l’absence de salaire minimum dans certaines branches et de l’entrée de la flexibilité dans une bonne partie des industries.
Aujourd’hui, l’économie allemande brille par ses performances. Les Allemands ont intégré un certain nombre de contraintes, les retraités pauvres distribuent des prospectus dans les boîtes aux lettres ou sont gardiens de nuit dans les immeubles chics. Ils épargnent pour leur retraite ; l’Allemagne est, grande surprise, le pays européen dont la dette est la plus importante (en valeur absolue, bien sûr).
Quand la crise financière a explosé en 2008, Merkel a fait une promesse : garantir les bas de laine des Allemands. Ce n’est possible que dans une économie qui ne connaît pas l’inflation, autrement la hausse des prix grignote peu à peu le pouvoir d’achat de l’épargnant. C’est pour cette raison principale, pragmatique et actuelle, que l’Allemagne refuse absolument une politique inflationniste « à la BCE ». Beaucoup d’entreprises ont d’importantes réserves en cash pour assurer leur développement, les PME ont des trésoreries bien garnies pour leur permettre de grossir, les vieux Allemands ont investis dans des SICAV et des obligations plus que dans l’immobilier, à l’inverse de la France. Dans un pays où il n’y a pas assez d’enfants, seule l’innovation, coûteuse en argent, et l’épargne, permet d’assurer les vieux jours du système.
C’est cela qui angoisse les Allemands. Qui ne croient pas plus que nous qu’un pot de Nutella coûtera bientôt 3 000 milliards d’euros.
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« les « analystes « , « spécialistes » et autre alainduhamelistes » ont en effet oublié le coût « énorme » de la réunification (je veux bien que les années 20 joue un rôle de fond dans l’inconscient collectif…).
Merci pour ce rappel Caroline, les français pensent l’Allemagne si forte qu’ils oublient ses faiblesses, et leur forces à eux.
Mais le « courage » politique (schroeder) manque parfois chez nous….souhaitons son retour.Pour l’état de l’Allemagne de l’Est, j’ai souvenir qu’en 1984-1985 le contraste était saisissant entre Berlin Ouste et Est (20 à 30 ans d’écart).
A mon retour cette année en Juin, j’ai pu constater les efforts et imaginer ceux réaliser dans le reste de lex RDA qui devait être encore « moins « brillant » que Berlin Est.Ne devenons pas Allemand, ne convergeons pas, cela n’est pas réalisable ni réaliste.
Regardons nos voisins, puissons des exemples, comparons et agissons !
Quoique j’aimerai bien être une PME allemande (là est la vraie force de l’Allemagne !) -
Il faut rajouter que c’est justement lá qu’une une grande partie des problèmes de l’europe se situent – c’est a dire dans la baisse des salaires allemandes, qui a baissé le coûte de production de l’Allemagne. Les salaries allemands payent deux fois cette facture de l’euro: par la baisse en termes réales de leur salaires et aussi avec leur impôts pour le EFSF. Preuve:
http://www.jjahnke.net/index_files/04647.gif
http://www.einblick-archiv.dgb.de/grafiken/2006/06/grafik06/
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