Ich gegen die Deutschen – Episode 3

Le temps a passé et les études sont loin. Avec nostalgie tu vois s’élever le tout nouveau flambant neuf bâtiment de la bibliothèque de la Humboldt au fil de tes trajets en S-Bahn. Les photos de ses salles de travail te font de l’oeil dans les journaux, et tu sautes sur l’occasion de studieuses vacances berlinoises pour tenter ta chance. Instruit de tes expériences passées, tu as les poches pleines de liquide, un passeport valide, une carte de presse, et surtout aucun espoir sur le fait que tu pourras entrer dans le bâtiment.

Tu arrives à l’accueil où la dame te tends une feuille de renseignement. «Il faut d’abord que vous enfermiez vos affaires avec la mensakarte qui se trouve dans le lotto et à la machine et après vous allez aux ordinateurs et ensuite à gauche et vous remplissez les fiches et les formulaires…». C’est un coup de chance qu’en neuf ans ton allemand se soit amélioré, malgré tout tu as lâché l’affaire à «Mensa-», c’est normal il est midi et tu commences à avoir la dalle*.

Villa Medicis, Rome

Pas de machine à l’horizon, tu vas au tabac-Lotto en face. Le type ne vend pas de carte de Mensa mais il a des cadenas. Et oui, bien sûr, pour mettre tes affaires sous clé dans une bibilothèque universitaire rien ne vaut un cadenas. Tu retraverses la place, tu descends les escaliers, tu vas enfermer tes affaires sous clé, tu remontes et va, plein d’espoir, te planter derrière un ordi pour la première étape de l’inscription.

Et là, on te dit «qu’un utilisateur avec le même nom et la même date de naissance est déjà enregistré». Tu t’apprêtes à crier au vol d’identité, mais pour cela il faudrait déjà pouvoir rentrer.

*La Mensa est l’équivalent du resto U

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