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« Es ist natürlich für mich ein besonderer Tag, wie es in meinem Leben manche besondere Tage gegeben hat. Am meisten bewegt es mich, dass ein Mensch, der noch geboren ist in diesem finsteren, dunklen Krieg und der 50 Jahre in der Diktatur aufgewachsen ist und hier seine Arbeiten getan hat, nach der Wiedervereinigung – die Sie dankenswerterweise erwähnt haben – dass ein solcher Mensch jetzt an die Spitze des Staates gerufen wird. »

Ce passage est le début du discours qu’a tenu hier soir Joachim Gauck, 72 ans, et bientôt nouveau président de la république fédérale allemande.

Quel destin pour un homme né pendant la guerre, qui a grandit sous la dictature, qui a choisi de servir Dieu et les hommes contre le communisme, qui après la chute du Mur a dirigé le formidable travail sur les archives de la Stasi. Si mes amis peuvent lire leur dossier, les comprendre et faire le deuil de leur jeunesse derrière le rideau de fer, c’est un peu grâce à lui.

Je voulais écrire sur le bizarre pas de deux de la chancelière, qui ne voulait pas de Gauck, ni en 2010, ni hier après-midi, mais qui a cédé à la pression du peuple d’une certaine façon. Mais les calculs politiciens ne sont pas très intéressants face à l’épaisseur humaine du pasteur Gauck.

Et puis c’est marrant, désormais il y a deux ex-Est-Allemands à la tête du pays.

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A quoi sert un balcon en plein hiver? Et bien cela remplace avantageusement le frigoo qu’on n’a pas encore. On peut y stocker les biens de première nécessité: bière, champagne et cornichons. On peut y laisser le fauteuil trouvé dans la rue, vu le froid il se désinfecte. A travers la baie vitrée, on anticipe les soirées douces de l’été, au calme, abritées derrière les canisses que fréquentent les moineaux.

Puis on ouvre les cartons, et c’est Noël en février, la première chose vraiment réjouissante en sept mois.

***

Je tenais par ailleurs à tous vous remercier pour vos commentaires et messages qui m’ont fait beaucoup de bien.

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Allerdings

Il fait un peu froid tout de même…
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…que je ne fais pas d’effort.
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Schokocreme

S’il y a bien une chose que j’ai apprise à Berlin, c’est qu’on fait tous des erreurs. Vivre dans une autre langue et dans un autre pays vous fait revoir votre égo à la baisse. Même quand on croit qu’on sait, on ne sait rien: regardez, je pensais pourtant que Wulff ne ferait pas de vieux os à Bellevue ; et bien le bougre y est encore.

Mais il y a des erreurs qui font plus de mal, c’est quand on se trompe sur soi-même. J’étais convaincue d’être la mieux placée pour un job auquel j’avais postulé, le refus ce soir est dur à encaisser. C’est sans doute pour le mieux, et je n’y peux rien, car j’ai été la plus honnête possible. Malgré tout je suis un peu sonnée.

Le problème c’est que c’est la dernière d’une longue série d’erreurs et de mauvaises décisions. J’ai cru que j’apprécierai de vivre à Paris, et bien ce n’est pas le cas. J’ai cru que je me ferai à mon boulot et à ma vie d’enchaînée, mais en fait non. J’ai cru que je supporterai de vivre là où je suis, et que les conditions s’amélioreraient: je m’apprête à rentrer chez mes parents.

Pour la première fois de ma vie, j’ai envie d’abandonner. Je rêve de déposer mes affaires dans une maison de campagne et de me réveiller le matin avec le chant des oiseaux. Au bureau, j’ai des réflexions de discipline, car il faut faire des efforts que je n’ai plus la force de faire. Plus la force d’être seule. Plus envie d’essayer et de faire semblant. Je pérore comme un vieux disque, je me suis trompé sur mes capacités, mes amitiés, mon travail et mes envies. Je suis allée à l’encontre de moi et aujourd’hui, j’ai juste envie de dormir.

Et pour ceux qui s’intéresseraient au titre, c’est parce qu’on sait bien que seuls les imbéciles ne changent pas d’avis…

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State of mind

Cet après-midi mon meilleur ami s’est marié, et j’étais son témoin. J’en étais déjà à ma quatrième coupe de champagne quand je suis allée voir son père. « Il faut faire un discours! », lui dis-je. « Mais je n’ai rien préparé! Et je ne peux pas le faire en anglais! ». « Ce n’est pas grave », lui dis-je, « je traduirai », alors que je courrai au bar obtenir un verre d’eau pour éponger toutes ces bulles.

Ce fut un moment émouvant et familial. Le papa français parla pour son fiston, la maman indienne pris la relève pour sa fille. Je traduisis les propos du prof de fac célèbre, et failli pleurer pour mon amie et son épouse. Deux continents que tout éloigne, mais l’amour rapproche les gens les plus improbables.

C’est pour cela que je suis rentrée en France. Je portais mes boucles d’oreilles indiennes, ma robe haute-couture parisienne, mon foulard et bracelet de Dubaï, mon collier andorran, mes émaux viennois, mes chaussures André et ma veste de l’époque où Marks&Spencer étaient encore en France. Surtout j’étais là pour mes amis, pour leurs familles, un tout petit pont bilingue pour rapprocher les gens. C’était spécialement bien.

Et pour l’instant, je n’ai pas envie que ça change.

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De la queue jusqu’au menton

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Un dernier stop avant de rentrer

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«Are you a couch surfer too?», demanda la jeune fille pendant qu’on nettoyait les restes d’une party de premier janvier. «Me? Nooo», répondais-je avant de me reprendre: «Well, actually I am! Sleeping on friends sofas for a week!».

Et c’est le miracle berlinois une nouvelle fois. On se retrouve à deux heures du matin en train de remettre une tétine dans la bouche d’un bébé pleurant, réveillée à 8h par une troupe de joyeuses petites filles qui veulent une histoire, perdue dans une bulle velue au fond d’un musée, mangeant éthiopien pour leur Noël avec les doigts, parlant latin chez l’italien, anglais avec une Américaine mariée à un Tchèque, allemand avec un apprenti réalisateur, achetant des livres à un neurobiologiste, finissant un gilet pour un bébé-ours, s’essayant à l’accordéon, dormant pas assez ou trop longtemps, demandant à Wulff de partir sous la pluie, croisant une amie les pieds dans l’eau, posant pour le journal ou lisant dans un appartement trop grand.

Cette ville est grise, triste, calme et vide. Elle est folle, géniale, mystérieuse, secrète. Elle est pauvre et riche, prussienne et internationale, touristique et inquiétante, nazie et jugendstil. On l’aime et on veut partir, on veut rester et on ne peut pas. Elle est surtout pleine de gens extraordinaires et qui sont mes amis, et c’est la meilleure chose du monde.

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Wutbürger

Ou comment occuper son samedi pluvieux:

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« Wulff muss raus! »

La scène se passe au retour de l’école. La conductrice a déjà calé sept fois, fait trois fois le tour du pâté de maison à cause des travaux, les mioches avalent les chewing-gum pour tromper leur faim. Tiens, si on chantait pendant que je cherche où est la deuxième vitesse? Frère Jacques? Va pour Frère Jacques. « Non, tu chantes pas comme il faut », dit l’aînée, qui décide d’instruire les occupants de la voiture:

Frère Jacques
Alte Kack
Dormez-vous
Blöde Kuh
Sonnez les mâtines
Alte Waschmachine
Ding deng dong
Arsch Bonbon

Et maintenant on chante en canon!

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De nouveau tu fais la queue à un autre guichet. Tu exposes ton problème «quelqu’un qui s’appelle comme moi est déjà inscrite». «Vous avez étudié à la Humboldt? Alors vous êtes déjà dans le système, il faut remplir la fiche verte d’abord».

Une fiche et une nouvelle queue plus tard (je t’ai déjà dit que le Berlinois n’était jamais pressé?), te voilà devant un monsieur. C’est l’étape décisive, tu le sens, tu sers convulsivement la pochette d’ordinateur qui joue très bien le rôle de doudou, tu respires un grand coup avant de parler. «Vous avez votre Anmeldungsbescheinigung?», te demande le monsieur avec un accent de l’est de la Mer Morte. Déjà tu te réjouies que ce soit un étranger, d’expérience tu as gagné cinq minutes de palabres. «Non, mais mon adresse est écrite sur mon passeport» (à ce moment là tu te remercies intérieurement d’avoir refait un passeport cinq ans auparavant à l’ambassade de France de la Pariser Platz). Le monsieur étranger il connaît la valeur du passeport, il la chérit, et il te dit «C’est ok, je ne savais pas que les adresses pouvaient être inscrites sur les pièces d’identité, c’est bien ça suffira». Deux petites gribouillis plus tard, gratuitement en plus, tu récupères une carte de bibliothèque.

Comment décrire, lecteur, la vague de joie qui alors envahit la narratrice. Ivre de bonheur, serrant le bout de plastique blanc dans sa main, tu entends des applaudissements dans ta tête. Tu as brisé les chaînes de l’enfermement, tu te sens invincible. Tu as vaincu le système. Tu as ta pochette d’ordinateur dans une main, ton sac transparent dans l’autre. Tu es fière, tu as vengé des générations d’étudiants Erasmus et de chercheurs étrangers, tu as enfin gagné contre les Allemands.

-FIN-

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Tes stylos tentent de se faire la malle, le guichet est à droite, tu vas réussir à passer les portes à fédaïne… «Non, vous, vous rentrez pas». Evidemment c’est bien à toi qu’on s’adresse. Cerbère a changé d’apparence en neuf ans, mais est toujours fidèle au poste. «Les pochettes d’ordinateur sont interdites.» Ah ok, mais si je puis me permettre cher Cerbère, pourquoi? «Parce que ce n’est pas autorisé». Certes, mais pour quelles raisons? «Parce que c’est interdit». On va pouvoir continuer longtemps comme cela, je le sens. «Il faut la remettre dans vos affaires au sous-sol». Non, désolée, je n’irai pas au sous-sol. «Alors vous passerez pas».

Là se passe un truc marrant, lecteur. Neuf ans ont passé, et ton narrateur, ou narratrice, là, elle parle allemand, elle a vieilli, pour la première fois elle n’a plus peur de Cerbère (merci JPII). «C’est une pochette crochetée par mes soins, je ne comprends pas pourquoi elle est interdite, je ne sais même pas si je vais pouvoir m’inscrire, je n’irai pas la déposer en bas.» Cerbère commence à grogner, c’est le problème des gros chiens. «Tenez, on va dire que c’est mon bonnet, c’est en laine ça ressemble à un bonnet, j’ai froid, je peux passer avec un bonnet», dit la narratrice soudain coiffée d’une pochette d’ordinateur en crochet blanc. Cerbère commence à montrer les dents.

L’objet du délit

J’attrape un sac en plastique avant que mes stylos s’écrabouillent, et je change de côté. Je passe à la sécurité, où je demande à la gardienne si elle peut me garder mon bout de laine pendant que j’essaye de m’inscrire. «Mais on va dire que c’est une écharpe, non?», me glisse la dame en habit bleu. Et là, lecteur, pleine de fierté comme si j’avais traversé le Rhin à la nage, sous les yeux de Cerbère soudain impuissant, je suis passée de l’autre côté. (A suivre)

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Il est grand et plutôt bel homme, Christian Wulff. Avec son sourire de carnassier et ses lunettes sérieuses, il représente à la perfection l’homme politique allemand. Il ne ressemble à rien ou à tout le monde, il pourrait être prof à la fac, banquier central ou exportateur de machine-outil. Surtout, il a Bettina, l’immense, jeune et blonde Bettina, ancienne journaliste paraît-il, qui a l’air tellement en bonne santé qu’à eux deux ils auraient pu servir de modèle de famille aryenne. En vrai ils font peut-être un peu peur, les Wulff, avec leurs sourires ultra-Bright et leur 1m90.

Elu au poste honorifique de président de la république fédérale allemande en 2010, Christian Wulff n’est pas né d’avant-hier. Il a auparavant dirigé la Basse-Saxe, un des états les plus grands d’Allemagne et qui a surtout la particularité d’abriter une pépite: c’est le siège de Volkswagen, dont la Basse-Saxe possède 20% des actions et un droit de blocage en cas de vente du capital. Le ministre-président du Land possède donc un pouvoir économique non négligeable et connaît tout le monde, et au-delà.

Cette proximité engendre beaucoup de tentation. Alors qu’il s’était fait surclassé lors d’un voyage privé en avion, le parlement de Basse-Saxe s’était ému, et avait demandé s’il y avait eu favoritisme. Non non non, avait rétorqué Wulff, qui s’était retrouvé sur le grill: au fait, d’où vient l’argent pour votre maison? Avez-vous bénéficié d’un prêt préférentiel de la part de l’industriel Egon Geerkens? Non non non, répondit encore une fois Wulff, c’est sa femme Edith qui m’a prêté 500.000 euros pour que j’achète ma maison. Et c’est à elle que je rembourse.

Wulff se fait élire président, emménage à Berlin devant le Tiergarten, et s’amuse à manger la soupe sur la tête des autres chefs d’Etat. Une année passe.

Les Wulff avec le prince héritier Naruhito du Japon

Le 12 décembre 2011, la Bild Zeitung publie alors un article sur le fait que Wulff aurait menti lors de l’interrogatoire de 2010. L’argent proviendrait bien de l’industriel Egon Geerkens, ce qui fait peser des soupçons de favoritisme sur le politicien.

Le Spiegel ne reste pas de marbre, et publie une interview d’Egon Geerkens, qui reconnaît avoir cherché un moyen de prêter les sous au grand homme. Une liste des vacances passées tout frais payés dans les maisons de riches industriels entre 2003 et 2010 apparaît alors. On est juste avant Noël et Wulff ne dit pas grand chose. On découvre aussi que d’autres amis industriels ont payé des petites choses, une campagne de pub pour un bouquin par exemple. Le 21 décembre, Wulff fait savoir qu’il a transformé le crédit privé et préférentiel de Edith Geerkens en crédit de courte durée à la BW, une filiale de la LandesBank Baden-Wurtemberg, pour un taux de 2,1%, puis en crédit sur 15 ans au taux de 3,62%.

Noël passe. Wulff part en vacances, visiblement il aime bien ça, les vacances. Lors de son message de la Nouvelle Année, il n’a rien dit du tout sur ce qui devient lentement mais sûrement la Causa Wulff.

Mais le 2 janvier, on apprend que Christian Wulff, parfois, est très bavard! Le 11 décembre, il a ainsi laissé un long message vocal sur le portable de Kai Dickmann, le rédacteur en chef de la Bild Zeitung. Il lui aurait promis un certain nombre de cadeaux de Noël si la Bild publiait l’article sur son crédit: entre autres choses, des poursuites judiciaires méchantes et plein de petites menaces diverses et variées.

Je me sens obligée de souligner l’énormité de la chose: le président de la République allemande a laissé un message vocal de menaces au rédac chef du plus grand tabloïd du pays. Un président. Un message. Des menaces. Un tabloïd.

C’est moi ou il est vraiment con, ce mec?

Il semble désormais impossible que Wulff reste président. Son poste est certes honorifique, mais cela suppose justement d’être digne de l’honneur qui lui est fait. En général, les présidents sont des hommes âgés à la carrière irréprochable et qui représentent la morale allemande. Les commentateurs s’accordent à dire que Wulff ne remplit visiblement pas les critères de probité indispensable pour le job. En plus, il est affreusement maladroit: au lieu de s’excuser, il a viré son fidèle porte-parole, comme si tout cela n’était qu’une histoire de com’ hasardeuse. Son premier crédit à 2% semble tellement avantageux que les autorités ont ouvert une enquête pour savoir comment il l’a obtenu.

C’est seulement ce soir à 20h15 que le président daignera s’exprimer dans une interview. D’après l’ARD, il n’a aucune envie de démissionner, ce qui en pratique va être quasiment impossible. Son prédécesseur Horst Köhler a quitté son poste pour beaucoup moins que ça, et Theo von Guttenberg a été poussé violemment hors du gouvernement uniquement pour une histoire de doctorat copié/collé. Certes, c’est pas bien, mais bon, par rapport à des soupçons de corruption, ça fait un peu cour d’école.

Celle qui décidera de toute façon sera la chancelière. Elle aussi se tait. Toute cette histoire est plus que néfaste pour elle : c’est elle qui avait porté Wulff à ce poste, elle qui avait soutenu Guttenberg. Il est sûr que ce sera aussi elle qui sifflera la fin de la partie.

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Le temps a passé et les études sont loin. Avec nostalgie tu vois s’élever le tout nouveau flambant neuf bâtiment de la bibliothèque de la Humboldt au fil de tes trajets en S-Bahn. Les photos de ses salles de travail te font de l’oeil dans les journaux, et tu sautes sur l’occasion de studieuses vacances berlinoises pour tenter ta chance. Instruit de tes expériences passées, tu as les poches pleines de liquide, un passeport valide, une carte de presse, et surtout aucun espoir sur le fait que tu pourras entrer dans le bâtiment.

Tu arrives à l’accueil où la dame te tends une feuille de renseignement. «Il faut d’abord que vous enfermiez vos affaires avec la mensakarte qui se trouve dans le lotto et à la machine et après vous allez aux ordinateurs et ensuite à gauche et vous remplissez les fiches et les formulaires…». C’est un coup de chance qu’en neuf ans ton allemand se soit amélioré, malgré tout tu as lâché l’affaire à «Mensa-», c’est normal il est midi et tu commences à avoir la dalle*.

Villa Medicis, Rome

Pas de machine à l’horizon, tu vas au tabac-Lotto en face. Le type ne vend pas de carte de Mensa mais il a des cadenas. Et oui, bien sûr, pour mettre tes affaires sous clé dans une bibilothèque universitaire rien ne vaut un cadenas. Tu retraverses la place, tu descends les escaliers, tu vas enfermer tes affaires sous clé, tu remontes et va, plein d’espoir, te planter derrière un ordi pour la première étape de l’inscription.

Et là, on te dit «qu’un utilisateur avec le même nom et la même date de naissance est déjà enregistré». Tu t’apprêtes à crier au vol d’identité, mais pour cela il faudrait déjà pouvoir rentrer.

*La Mensa est l’équivalent du resto U

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Tu es devenu fort habile à ce petit manège. Par coeur tu as appris le Hausordnung, le Leseordung, le Arbeitsornung, le Ordnungsordnung, tu veilles sur ton sac transparent comme sur un Vuitton et la machine à microfilm n’a plus de secret. Malgré tout le temps file, et recopier un manuscrit à la main c’est un peu long, donc avant ton retour dans ton pays tu décides de photocopier ce dont tu as besoin. 40 euros plus tard, ruiné (t’es toujours étudiant, hein) mais heureux, tu repars avec ta liasse de polycopiés que tu t’empresses de photocopier. Ton mémoire est encore au stade de la documentation, mais la moquette grisâtre de la bibliothèque et ses escaliers à la Escher sont définitivement derrière toi. Tu feras la suite de tes recherches à l’Institut historique allemand du Marais, qui en plus de t’offrir une vue sur un jardin sublime en plein coeur de Paris, est vide et propose les livres en libre accès.

Trouvé sur la notice de Wikipedia

Et pendant des années, tu ne mettras plus les pieds et les crayons dans une bibliothèque.

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Un jour il peut te passer par la tête l’idée saugrenue d’aller à la bibliothèque. Par exemple tu fais des études, on est en 2002, naïvement tu te dis, «tiens, pour mes recherches j’irais bien à la bibliothèque nationale avec le fond prussien où se trouve le manuscrit que je dois étudier». Tu t’engages dans un processus dont tu n’as pas saisi la profondeur désespérante, mais tu es jeune, tu es étudiante, tu as le temps.

Muni de ta plus belle carte d’étudiant, celle où tu as réussi à mettre une photo sans lunette et à cacher tes boutons, tu te présentes à l’accueil. Le cerbère s’amusera d’abord à te dépouiller de toute humanité: «Numéro d’étudiant – pièce d’identité – Anmeldungsbescheinigung», un souffle glacé te passe dans le dos alors que ton nom est remplacé par un matricule, tu en es presque à tendre le bras pour te faire tatouer. Puis il te demandera de te déshabiller, de te séparer de toutes tes possessions, d’arriver nu comme un nouveau-né avec seulement un sac en plastique transparent devant lui, tremblant et inquiet. C’est normalement à ce moment, alors que tes maigres biens sont sous-clé quatre étages en dessous qu’il te réclamera 25 euros pour l’inscription à l’année, payable seulement en liquide bien sûr, on ferme dans une heure, bon courage pour faire la queue à la garde-robe, trouver ton sac, ressortir dans le froid à la recherche d’une banque, revenir, payer, c’est trop tard, mais demain on ouvre à onze heures, sortez maintenant, plus vite, Raus!

Le lendemain, frais et dispos, muni enfin du précieux sésame que tu as payé avec ce qui équivaut à ton budget bouffe hebdomadaire, tu fais ton plus beau sourire au gardien qui te hurle : «Pas de stylo bille dans le département des manuscrits». Rebelote, tu repars dans l’autre sens, vers la garde-robe où tu vas faire la queue, etc, tu as saisi le concept lecteur.

Après trois heures de tentatives vaines et variées, enfin tu y es: devant toi des ordinateurs antiques te proposent de trouver le rayonnage inaccessible où se cachent les ouvrages dont tu as besoin. Première déconvenue: la moitié sont indiqués avec la mention de «Kriegsverlust moeglich» (possiblement perdus lors de la guerre). S’il-vous-plaît-attendez-trois-jours-qu’on-regarde-dans-quel carton-ils-pourraient-bien-être, oui-la-guerre-est-finie-depuis-cinquante-sept-ans-mais-le-système-ne-voit-pas-le-rapport.

Là non plus, il n’y a pas de rapport

Quand enfin un livre apparaît disponible, ivre de joie tu cliques pour le commander. C’est alors que la petite fenêtre s’ouvre: «Ce livre se trouve dans la bibliothèque de fonds prussien de la Potsdamer Platz, vous l’obtiendrez sous trois jours». Et là c’est déjà trop tard ; tu viens de découvrir que la bibliothèque est coupée en deux, et que si toi tu mets 15 minutes à faire Unter den Linden/Potsdamer Platz, personne n’a pensé à dire aux bibliothécaires que le mur est tombé et ton livre doit au moins passer par le Danemark avant d’arriver.

Lasse et désespérée, tu rentres chez toi parce que en plus il faut attendre une heure pour accéder aux deux ordinateurs connectés à internet, et tu commences à comprendre pourquoi en Allemagne il faut au moins sept ans pour faire sa maîtrise. (A suivre)

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C’est sympa Berlin après minuit le 1er janvier. Une fois les feux d’artifice disparus dans une myriade de lumières, il reste les bombes artisanales à admirer. Après avoir perdu quelques degrés d’ouïe et été plaqué contre une porte d’immeuble par la déflagration, on perçoit encore les sirènes des pompiers. Dans un coin, des plumes d’édredon s’envolent, des policiers se massent sur un trottoir pendant que des fêtards enbièrés attaquent les Robocop à coup de pétards.

Une fois dans l’immeuble, on peut admirer les petits ballons d’hélium qui flottent au-dessus des marches, ce serait presque joli s’ils n’étaient pas noirs

et lestés par…

… des seringues. (Qui veut une injection pour la nouvelle année?)

Quelques heures plus tard on peut savourer le petit-déjeuner, la nuit tombe et il pleut.

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Guten Rutsch!

Glisser sans neige ce n’est pas facile, on pourrait même se dire que ce n’est pas conseillé. Mais cela fait partie de la tradition, à l’égal du bombardement de feux d’artifice qui donne à Berlin des aspects de ville en guerre. Les pétards ont été inventés en Chine et sont destinés à éloigner les mauvais démons ; on ne peut s’empêcher de se demander quels sont les ancêtres si terribles qu’il faille absolument des millions de coups de feu pour en éloigner les mânes.

Berlin se pare de lumière dans un bruit de détonation, il faut prévoir un casque et des lunettes de protection pour passer à la nouvelle année.

Cette année il manque le blanc joyeux de la neige, je ferai gaffe à mes pieds en traversant Boxi en sursautant toutes les 15 secondes!

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Jenseits

C’était la première fois que j’allais à un enterrement. Il faisait beau, il y avait beaucoup de monde, beaucoup d’enfants. Des touristes aussi, qui s’avançaient et se mettaient sur la pointe des pieds pour regarder, tu imagines, dans ce lieu si célèbre il y a aussi des familles qui pleurent. La famille était incroyablement digne et émouvante, on avait l’impression que tout le monde pleurait en dedans. C’est bizarre d’avoir 30 ans pour aller pour la première fois à un enterrement. Plus tard je suis rentrée chez moi, et là j’ai appris que quelqu’un d’autre avait aussi perdu sa maman une veille de Noël.

Bref, se plaindre parce qu’on travaille le jour de Noël ou qu’on a un ongle incarné ou qu’on doit déménager devient juste la chose la plus futile de la terre… J’ai commencé un autre pull pour bébé, je ferai une couverture pour le petit bébé qui ne connaîtra pas sa grand-mère, et je vais arrêter de regarder ma vie par le petit bout de la lorgnette.

Frohe Weihnachten

und Frieden auf der Erde.

Pour clore ce cycle, voici quatre choses que j’aimerais pour l’an prochain:

1. Un travail épanouissant
2. Beaucoup d’amour
3. Un nid douillet
4. Publier mon livre

et en attendant, je vous souhaite à tous un très heureux Noël.

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L’année 2011 aura été celles des secousses, des chocs -et des déceptions. Entamée sur la joie de faire tomber un dictateur, elle s’achève sur l’arrivée des islamistes au pouvoir, les violences en Egypte, la répression syrienne. L’euro continue sa chute, l’économie mondiale part dans des gouffres, le monde tremble et rien ne change. Le Handelsblatt a couronné aujourd’hui Angela Merkel comme « Personnalité de l’année », « parce qu’elle a su rester ce qu’elle était ». Une ode à la permanence ou à l’immobilisme, au choix, mais qu’il semble nécessaire d’honorer dans un monde en chute libre.

Il faut croire que j’ai des capacités jungiennes de connection avec l’inconscient collectif, car mon année aura, toute proportion gardée, été semblable aux secousses du monde. Une révolte interne irrépressible, des changements majeurs, un retournement -et un échec patent à l’autre bout. Le remède fut pire que le mal. L’année 2010 s’est close un lendemain de Noël sur une engueulade sortie du passé, celle de 2011 est en passe de se terminer sur un constat de no-future. Jamais je n’aurais cru tombée si bas. Encore quelques marches, et le ciel se refermera sur moi.

Je ne peux pas trouver d’appartement, je ne peux pas continuer ainsi. Les faux-semblants et les mensonges me sont étrangers. On m’accuse de tricher ou de simuler, mais on oublie que je ne peux pas mentir. Je ne peux pas jouer. Je ne peux pas faire comme si. J’ai perdu cette capacité en cours de route, ou plutôt je ne l’ai jamais eu. Cela rend ma vie impossible dans le monde des trompe-l’œil parisien.

A bien des égards ma vie est pire que l’an dernier. Je n’arrive pas à mettre le doigt sur un quelconque élément d’amélioration. Les engueulades sont plus fréquentes, le temps libre a disparu. Je suis perpétuellement fatiguée, dans une situation toujours aussi instable, et je n’ai pas plus d’argent. Les perspectives de travail sont inexistantes, et on ne me croit plus jamais. C’est terrible, je pense pourtant être une personne intéressante, importante, avec des choses à dire et à apprendre ; mais c’est une vision de soi-même qui vous voue à la vindicte car dépasser du rang revient presque à ne pas s’incliner devant le mausolée de Kim Jong-il. Vouloir plus que ce qu’on vous donne est un péché mortel.

J’accumule tous les défauts de ce caractère entier et incoercible. Je ne sais pas mentir, pas plus que je ne peux courber la tête. Je suis l’objet idéal d’expérience d’un Kapo qui voudrait écrire Comment briser une conscience en dix leçons.

Bien sûr j’exagère, le carcan n’est pas si lourd. Après tout, on peut quitter un milieu qui ne nous plaît pas, sauf si on a besoin de payer un loyer. Sauf si on a des frais. Sauf si on ne peut pas. On peut donc, sauf qu’on ne peut pas. La liberté est bien fragile…

Les journaux allemands ont été plein cette année de Bunr-out et autre Stresstest. La morale n’est pas à la joie, mais à la prévention de l’effondrement. Collectif ou individuel, il engendre un même effet: la disparition de la surface visible, remplacée par un gros trou à la place.

Pour ma part il va falloir que je trouve un moyen de pallier ou de régler mon inaptitude à coopérer avec le monde extérieur. Que je fasse taire la voix qui s’exprime, que j’apprenne à mentir, que j’empêche mon corps de réagir aux événements. Devenir rien, ni personne, me contenter toujours de ce que j’ai, de ne vouloir jamais changer. De brimer, d’étouffer, de tuer la voix différente que j’ai nourrie pensant tant d’années loin de cette ville que je déteste. Vaste programme.

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Je cherche un appartement. Je me perds dans les demandes irréelles des bailleurs, qui exigerons bientôt de nous un certificat médical et une preuve de virginité. Ou un test de math. Et un stage d’entraînement chez les pompiers. S’ils cherchent des moyens d’évacuer des candidats, j’ai des idées. (Par exemple faire monter les idiots au sixième étage à la corde. Ou leur demander de calculer eux-mêmes les m3 contenus dans l’appartement*)

Londres

Il y a quelque chose de totalement absurde dans cette course perpétuelle. ça me fait chier de dépenser une fortune dans un toit. On passe des journées le cul sur une chaise, on s’écroule épuisé sur un lit entouré de nos possessions inutiles, et tout le monde fait pareil.

Le paysage éternel de l’Aventin, Rome

Où sont les idées, les créations, les changements, les tentatives? On blinde nos vies de précautions qui ne protègent de rien, on brime les expériences, on redoute la transformation. L’Europe se rabougrit en peau de chagrin, sans voir que l’avenir du monde se joue bien loin d’elle. En Asie, là bas, les aéroports sont ripolinés, les gens construisent, les gens se plantent, les gens échouent, essayent, tombent, recommencent. Ils comptent sur leurs forces et leur intelligence. La Nouvelle-Zélande et l’Australie se fichent bien de la maison-mère désormais, elles lorgnent sur Hong-Kong pendant que Shanghaï s’élèvent. Je ne l’aurais pas cru si je ne l’avais pas vu de mes yeux. En arrivant à Heathrow au retour de mon périple, j’ai eu l’impression de retomber dans la maison de campagne décrépite, qui vit de nos souvenirs mais est rongée par les termites et s’écroulera un jour.

Nulle part ailleurs qu’à Paris n’est la décadence plus avancée, la fin de race s’étiole au milieu de ses trophées passées. On voit les beautés étincelantes qui languissent entre la Concorde et la Tour Eiffel, ce phare d’Alexandrie qui ne résistera pas au dernier tremblement de terre achevant une civilisation déchue.

Où sont les créateurs, les architectes, les fous, les visionnaires? On admire le dome de Florence en oubliant toutes les flèches de cathédrales écroulées, on se pâme devant la Joconde et la Pietà en négligeant les fresques maladroites de leurs maîtres. On regarde l’art moderne avec le dédain du connaisseur, mais ne faut-il pas beaucoup de tentatives avant de réaliser un chef-d’oeuvre? Ne faut-il pas user beaucoup d’ouvriers avant de reconnaître un génie?

Piazza Navona, façade de Borromini (je crois!)

Mais on nous harcèle pour rester de bons soldats fidèles. On panique devant un nouveau média, on craint celui qui vient d’ailleurs. Surtout, celui qui pense autrement ou qui ose avoir d’autres rêves sera passé à la fourche caudine de l’uniformité. Ce temps manque d’art, de tentatives, de folie et de créations. De temps pour penser, de force pour se battre, de conviction pour s’affronter. Je recopie des dépêches en éteignant mon cerveau, je passe ma vie à la gagner, je la perds en rentrant chez moi, je tousse, je cauchemarde, je m’étouffe dans l’air saturé de pensées toutes faites et d’idées préconçues. Les contraintes sont si fortes que tout changement, même minime, précipitera l’échaffaudage dans le précipice. Mais jamais, personne, n’a visité le précipice. Ceux qui y sont tombés n’en sont pas revenus, peut-être y a-t-il un monde plus libre en dessous du couvert du feuillage?

Vue des jardins de Balata, hauts de Fort-de-France, Martinique

*Pour ceux qui n’auraient pas la joie de se frotter à l’immobilier parisien, il sera réjouissant d’apprendre qu’à Paris, on loue désormais au m3. J’ai hâte de savoir grimper au plafond.

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4. Advent

Une semaine de l’avent pleine de gâteaux de Noël, de goûters en tout genre, avec quelques départ aussi.

Au programme des réjouissances, tout de même:

1. un déjeuner-débat avec des collègues
2. un super goûter avec des camarades de classe
3. une découverte d’une boutique et de tas de gens gentils
4. un départ à Berlin en préparation!!! yeeeeeeeaaaaaaaah

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Deuxième réflexe* à mon retour, faire la liste des endroits où on avait une chance de manger allemand. Bah oui, on fait ce qu’on peut, et la nostalgie du ventre est de loin la plus poignante -surtout quand on a faim. Ou quand on a soif!

Paris a plein de défauts insupportables, mais au moins une qualité indiscutable: on trouve de tout, vraiment de tout, dans la capitale. Certes, il est difficile de boire de la bonne Pils à Paris. La bière belge ayant effectué des dégâts sur mon estomac, je me retrouve contrainte de me rabattre sur la Hefe. Miracle parisien, on la trouve en pression au Café Titon et au Udo Bar. Le premier est un gentil café sympa dans un coin cool de la capitale. Le second a le plus beau poster de Paris, dans une ambiance punky normale qui me rappelle Berlin.

Pour un Frühstück chic, le cadre délicat et l’ambiance feutrée de Claus réconciliera votre grand-mère avec l’Allemagne. Les confitures, alsaciennes, sont juste les meilleures du monde, et on peut les acheter à l’épicerie qui occupe le rez-de-chaussée. Et si on a de la chance, on peut même parler allemand avec Claus, qui parle un français sans accent (le veinard!).

Mais le repaire des germanophages (oui oui, on peut manger les Germains), c’est le Stube: un vrai Imbiss, où tout est bon! Les gâteaux sont à tomber, les plats sont simples, très abordables et très bons (mention spéciale à la Gulash, sauce exquise). Avec la gentillesse et le sourire du chef en prime.

Si vous voulez me croiser, je suis là-bas!

Le Stube, 31 rue de Richelieu, dans le Ier
Claus, 14 rue Jean-Jacques Rousseau, dans le Ier
Café Titon, 34 rue Titon, dans le XIè
Udo Bar, 4 rue Neuve-Popincourt, XIè

Une épicerie à tester: Tante Emma Laden, marché de la porte Saint-Martin, 31-33 rue Saint-Martin, Xè
Pour acheter des bières (et même des cubis pression), Bières cultes, 40 rue Damrémont, XVIIIè.

* Mon premier réflexe a été de demander à Tchibo s’il livrait en France. La réponse négative a fendu mon petit coeur.

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3. Advent

Une semaine de forme, de décision et de premier givre! La seule chose qui ai manqué, c’est du temps pour écrire ici. 1. Une décision! Ni bonne, ni mauvaise, mais prise, enfin! 2. Une sortie journalistique gratuite, mais très amusante. 3. Une vraie bonne soirée 4. Des Butterbredele!

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Für den Weg

Adorons le Seigneur en rampant par terre :

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2. Advent

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Bien entendu le premier mot que j’ai entendu en arrivant c’est « Achtung! ». Il est 7h04, je suis chez Tchibo, et voilà, tout est familier. Le reste fut à l’avenant, rien à raconter, juste à ressentir. Geborgenheit. Il y a plus que quatre choses qui étaient délicieuses cette semaine, mais voici au moins: 1. Avoir bu beaucoup trop de bière allemande, à Paris et en Allemagne, et toujours en excellente compagnie ; 2. Rentrer avec un sac bien trop plein de tas de choses utiles et géniales (et pas chères) 3. Avoir participé à l’esprit de Noël, rien n’y manquait : enfant, vin, Glühwein, amie chère et étoiles en papier, le pied ; 4. Avoir mis les choses au clair, grâce à des conversations difficiles mais nécessaires, et repartir d’un bon pied.

Lecker lecker!

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Season’s greetings

More to come, devinette inclusive!

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No comment

Impossible de ne pas partager cette vision d’horreur européenne, offerte gracieusement par la Bild:

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1. Advent

Cette photo représente l’approximation maximum que je peux offrir d’une couronne de l’Avent,
merci de votre compréhension

Il y a un mois j’ai été coincée dans un embouteillage à 23h un samedi soir boulevard Haussmann. Il y avait des camions de luminaires allemands, des échafaudages: on installait des décorations de Noël. Tristes lumières clignotantes sous le ciel gris, la foule se presse indifférente devant les marchands à la sauvette et les amputés divers.

Noël est triste à Paris, loin du froid et du Glühwein. Il n’y aura pas de neige. Et je travaillerai tout le week end de Noël. Pour la troisième fois consécutive.

Je voulais faire quelque chose de spécial pour l’Avent. Après tout, c’est une attente pleine d’espoir, vers le retour de la lumière. Et j’en ai marre de me plaindre, de traîner ma mauvaise humeur et mes questions comme une bouée encombrante.

Alors pour chacun des quatre dimanche, je vais plutôt regarder les quatre choses qui se sont bien passées dans la semaine, celles qui montrent une évolution vers le progrès. Voici ce que j’ai pu trouver pour la première:

1. des gens sympas au bureau. Rien d’extraordinaire, mais des personnes avec qui aller boire un café et papoter dix minutes, ça change la vie ;
2. des rendez-vous et des gens à voir. J’aime bien ça ;
3. mon Kindle et son dictionnaire automatique, magique pour les livres en allemand ;
4. le chemin de mon blog. Merci à tous pour vos commentaires! ça me fait vraiment plaisir

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Schluss damit!

C’est incroyable le nombre de fausses vérités qu’on peut entendre à propos de l’Allemagne. Si on écoute les commentateurs, les Allemands sont « traumatisés »  par l’hyperinflation des années 20, et cela suffit comme explication à tout le monde semble-t-il. Un petit somme sur le divan du docteur Freud, et les problèmes de l’Europe seraient réglés, peut-on en déduire.

Haaaalllloooo, il y a quelqu’un pour réfléchir ici ? Je veux bien que les Allemands aient la mémoire longue et aient du mal à se défaire de certains de leurs traumatisme passés, mais peut-on sincèrement croire que des charrettes de billets vieilles de quatre-vingt-dix ans ont encore un pouvoir souverain sur les banquiers de la Bundesbank ? Pour quel crétin nous prend-on ?

Ce que les « analystes « , « spécialistes » et autre alainduhamelistes pérorent à longueur de journée et le fruit d’une ignorance inadmissible et qui prouve, une fois de plus, qu’il est toujours risqué de parler d’un sujet qu’on ne connaît pas. Malheureusement, ceux qui connaissent l’Allemagne y restent en général, il n’y a donc personne d’un peu concerné pour entendre les âneries proférées.

Ce que tout le monde oublie, c’est que cela fait 20 ans que les Allemands payent. Quand la Réunification leur est tombée dessus,  la RFA ne pensait pas trouver de l’autre côté du mur une économie en capilotade. Pendant dix ans, elle a payé pour intégrer, racheter, transformer, moderniser les infrastructures de l’ex-RDA. Toute personne qui passe en voiture sur la nouvelle autoroute du sud de la Thuringe peut voir l’ampleur de l’effort consenti.

Mais en 2001, cela ne suffisait plus. Alors Schröder, fasse au chômage et au retournement démographique, a lancé l’Agenda 2010. Entré en vigueur en 2002, les Allemands ont perdu une partie de leurs avantages, renoncé à leur retraite d’état, accepté (de mauvaise grâce) les jobs à 1 euro de l’heure. En 20 ans, les Allemands ont perdu presque 5% de pouvoir d’achat, à cause des réductions, puis augmentations de temps de travail, de l’absence de salaire minimum dans certaines branches et de l’entrée de la flexibilité dans une bonne partie des industries.

Aujourd’hui, l’économie allemande brille par ses performances. Les Allemands ont intégré un certain nombre de contraintes, les retraités pauvres distribuent des prospectus dans les boîtes aux lettres ou sont gardiens de nuit dans les immeubles chics. Ils épargnent pour leur retraite ; l’Allemagne est, grande surprise, le pays européen dont la dette est la plus importante (en valeur absolue, bien sûr).

Quand la crise financière a explosé en 2008, Merkel a fait une promesse : garantir les bas de laine des Allemands. Ce n’est possible que dans une économie qui ne connaît pas l’inflation, autrement la hausse des prix grignote peu à peu le pouvoir d’achat de l’épargnant.  C’est pour cette raison principale, pragmatique et actuelle, que l’Allemagne refuse absolument une politique inflationniste « à la BCE ». Beaucoup d’entreprises ont d’importantes réserves en cash pour assurer leur développement, les PME ont des trésoreries bien garnies pour leur permettre de grossir, les vieux Allemands ont investis dans des SICAV et des obligations plus que dans l’immobilier, à l’inverse de la France. Dans un pays où il n’y a pas assez d’enfants, seule l’innovation, coûteuse en argent, et l’épargne, permet d’assurer les vieux jours du système.

C’est cela qui angoisse les Allemands. Qui ne croient pas plus que nous qu’un pot de Nutella coûtera bientôt 3 000 milliards d’euros.

3.0

Ce matin j’ai upgradé, je suis passée à Caroline 3.0

It feels good!

Voici quelques petites choses que je voudrais améliorer aussi:

1. Trouver un appart
2. Me poser dans un travail
3. Choisir un pays!
4. Sortir plus
5. Lire les livres accumulés
6. Aller au théâtre
7. Faire un sort à mon arbre généalogique
8. Parler allemand plus souvent
9. Ne plus passer une soirée à déprimer seule
10. Organiser des week end
11. Dessiner
12. (Re)prendre des cours de musique
13. Finir mon ouvrage
14. Voyager
15. Continuer mes petits travaux manuels
16. Partir à la neige
17. Organiser des fêtes
18. Faire du bénévolat
19. Donner un cours
20. Mettre de l’argent de côté
21. Trouver un compagnon de route
22. Apprendre sur l’Europe
23. Me spécialiser
24. Porter des chapeaux
25. Aller danser
26. Écrire un scénario
27. Faire des biscuits de Noël
28. Arrêter de me plaindre
29. Mais défendre mieux ce que je pense
30. Penser à moi!

C’est fini pour la zone euro. Bien sûr, pour les six prochains, mois, on va encore entendre plein de discours rassurants sur le « sauvetage de la zone euro » (ça se noie, une zone?), mais dans les têtes, elle est déjà morte.

Les Allemands l’ont enterrée il y a quelques mois déjà. Ils attendent impatiemment le retour de la drachme pour pouvoir de nouveau se bourrer à l’ouzo pas cher. La preuve, TUI, le premier tour-opérateur allemand, a fait signer à des hôteliers et des entreprises grecs de nouveaux contrats stipulant que, dans le cas probable d’un retour à la drachme, ils ne seront plus payés en euro par les Allemands, mais dans la monnaie locale.

Aujourd’hui le Handelsblatt, dans son « morning-briefing », expliquait qu’on « avait vu hier le début de la fin de la zone euro ».
Avec un taux d’emprunt à long terme dépassant les 7%, les Italiens se retrouvent étranglés dans les faits. Leur seule solution serait de dévaluer avec une lire faible, une coutume bien entrée dans les mœurs de la Botte avant 2001.

Dans ce cas pour la France, c’est la fin des haricots. Plus personne ne viendra passer des vacances chères en euro dans l’Hexagone alors qu’il y aura de la meilleure bouffe pour moitié prix en Italie, des plages plus chaudes à prix cassé en Espagne, du patrimoine incomparable bien moins cher en Grèce. Pour sauver son tourisme et ses exportations, la France devra aussi sortir de l’euro. Il va donc mourir.

Quant aux Allemands, c’est à se demander s’ils ont jamais cru à la monnaie unique: il paraît qu’ils ont gardé leurs pièces et leurs billets en mark bien au chaud quelque part dans de gros coffres, prêts à être ressortis au besoin…

Les vautours, euh, enfin, les prédateurs rodent déjà…

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Erwischt

Je suis très touchée par tous vos messages, et surtout le fait que vous passiez -encore!- me lire.

Il doit falloir un temps d’adaptation et de transition pour toi. Parfois c’est plus dur, parfois c’est juste étrange.

Merci encore, et à bientôt :)

Das Leere

J’ai l’impression que ma vie a explosé.

Une explosion invisible. Un peu comme le blast, le souffle de la déflagration qui détruit les organes mais en apparence, tout est normal. Cette fois ce serait plutôt l’inverse. Tous les attributs extérieurs ont changé, mais moi, au centre, je suis censée être identique.

Il paraît qu’il ne faut pas que je plaigne, parce que j’ai des choses que d’autres non pas. C’est vrai. Je me demande alors si j’ai le droit de me plaindre des choses que les autres ont, mais pas moi?

Je regarde autour de moi, et je me demande où est passée ma vie. 50m2 entassés dans 10, des horaires qui m’épuisent, la disparition de toutes les choses que je connaissais bien ; l’annihilation de mon petit trésor, mon expérience accumulée.

J’arrive ici, et je ne suis rien. Les autres me regardent et me jaugent à l’aune de leur vie, et à leurs yeux non plus, je n’ai rien.

Le pire, c’est que sincèrement, je m’en fiche. J’ai encore envie d’être libre et de sortir à l’improviste avec Chère coloc, c’est moi qui devrait garder la petite en attendant son frère, je devais être allée à l’anniversaire de mon quasi-neveu. Je n’en suis pas arrivée à vouloir changer les couches tous les jours ou faire une fête de 300 personnes, et c’est mon droit.

Neuf ans à accepter les différences, neuf ans à envisager les possibilités, neuf ans à choisir ma liberté, mes heures de travail, à être sérieuse aussi, neuf années à fuir, peut-être, mais en construisant tant de choses dont je n’avais pas conscience. Je n’avais pas réalisée la liberté d’esprit que m’offrait Berlin, pas vu la force des liens d’amitié que nous avions tissé au fil des années, des pannes de chauffage et de naissances de bébés. Je ne veux pas qu’on me juge parce que, à presque 30 ans, je n’ai pas encore d’enfants. C’est vrai que je suis rentrée de Berlin parce que j’étais trop seule, trop pauvre et sentimentalement à la ramasse, mais je n’avais pas pensé que je serai un alien en arrivant à Paris. Tout m’y est étrange, beaucoup de choses sont si vieilles que je ne m’y reconnais plus, je ne sais pas faire, je ne comprends plus rien. Pour ceux qui regardent TBBT, je pensais être Leonard, je découvre que je suis Sheldon. Oui, moi aussi, je pense que certains amis cherchent un moyen de me laisser geler dehors. Ou peut-être pas. Je n’en sais rien.

On dirait qu’en dehors de Berlin, das Leben ist sinnlos.

Deux petits joyaux quotidiens pour ceux auxquels manque la dose de Berliner Luft:

Donc les Pirates sont entrés au Parlement de Berlin avec presque 9% des voix. Catapultés devant les caméras, réclamant la transparence pour découvrir l’oeil vide et noir des appareils devant eux. Dans l’Allemagne entière, on leur promet 7%, pendant ce temps là les libéraux tombent dans les profondeurs des votes, disparaissent des régions et s’écharpent en public. Au Bundestag, leur groupe continuent à faire de la politique internationale.

Il y a quelque chose de bizarre à voir les peuples manifester leur colère dans les urnes. Dans ma circonscription, les pirates sont arrivés deuxième, et j’aurais voté pour eux si la lettre était arrivée jusqu’à moi. Pour moi, cela ressemble à un dernier sursaut de la jeunesse avant sa totale disparition dans la graues Deutschland, une dernière rébellion calme et théorique dans le bastion des adulescents. Peut-être que je me trompe.

Hanover

Au Bundestag, pas de surprise, pas de catastrophe, pas d’angoisse: la majorité de droite a voté l’élargissement d fonds d’aide européen. S’il n’y a même plus de drame parlementaire, où va-t-on?

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Manchmal ertrage ich das Leben in Paris schwer. Es kommt unerwartet an, ich will nur noch in einer normalen Stadt leben, wo die Bäume nach Bäume riechen, wo das Himmel blau ist. Ich fühle mich einsam und komisch, fremd, anders. Ich verstehe nicht was die andere um mich als normal empfinden, sie können die leise deutsche Sprache in meinem Kopf nicht hören. Ich weiss gar nicht, ob ich es schaffen werde. Ich weiss gar nicht, ob ich hier das schaffen will. Ich weiss aber, dass es für mich nebenan ein Land gibt, das mich empfangen würde.
Und ich vermisse es.

Einbürgerung

(Paris ce matin)

Il m’a fallu trois jours enchantés pour me remettre les idées en place. Les parcs étaient recouverts d’une herbe moelleuse et verte, et j’ai respiré à plein poumon. Décidément, l’herbe est plus verte à l’est. Les appartements étaient aussi immenses qu’auparavant, les amis étaient là, les bars n’avaient pas bougé. Le soleil berlinois brillaient au-dessus de nos têtes.

Et finalement, je n’ai plus regretté d’être rentrée. Une coupe de cheveux et deux discussions professionnelles plus tard, j’étais enfin en paix avec mes décisions. J’ai accepté d’être ce petit bout d’Allemagne ici, de rapporter avec moi ces années à l’est, de porter le flambeau du franco-allemand, vous savez, cette chose qui n’existe pas, sauf pour ceux qui l’ont inscrite très profondément en eux.

Un jour je repartirai, j’espère que Berlin m’accueillera de nouveau, pour y vivre un nouveau chapitre. Mais pour le moment, c’est un autre défi que je me suis fixé, celui d’apprivoiser un peu le monstre de pierres blanches et de fer forgé qui grouille sous mes fenêtres. Les derniers échafaudages ont été enlevés ce matin, pour la première fois je vois le ciel au-dessus de Paris. Je veux avoir le meilleur des deux, cela doit bien être possible.

Presque trois mois séparent les deux photos, à Berlin et Paris. Vivement le prochain voyage!

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Heute Abend habe ich mich entschieden, ein Stück erwachsener zu werden.

Und es tut weh.

Recherche d’autres morceaux de the Sisters of Transistors sur Myspace Music

Berlinois, il reste des places, ruez vous (il reste des places un peu loin à 19 euros). Ce soir la Philharmonie donne le concert de l’année, celui de fin de saison, dans l’enceinte en plein air de la Waldbühne. Le principe est toujours le même, un chef invité choisit une œuvre un peu décalée pour utiliser le talent du meilleur orchestre du monde dans un registre différent. Ce soir il y aura la Strada et Chostakovitch dirigé par Riccardo Chailly. Prévu le 2 juillet et toujours archi-booké en avance, le concert a été reporté à ce soir à cause de la pluie de juillet et il reste des tickets.

Sinon, c’est sur RBB ce soir à partir de 20h15.
Et moi, je cherche des places pour l’an prochain!

Je me souviens d’avoir vu à la télé Seiji Ozawa dirigeant la Philharmonie sur du Gerschwin… et avoir eu envie d’être à Berlin.

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Ich liebe…

…die Stadt!

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Merci aux généreux donnateurs!

Suis tombée par hasard sur un hors-série d’une magazine prétendant nous donner des plans de coolitude parisienne (je m’étouffe de rire et je reviens).
Et là, quelle surprise lecteur, je n’en croyais pas mes mirettes d’expatriée sur le retour, à peu près toutes les cinq pages le magazine sus-cité emploie le mot « berlinois ». Aurais-je loupé le déménagement du siècle à l’insu de mon plein gré? Y-a-il eu un transfert de technologie et de plages au bord de vrais lacs qui m’aurais échappé?

Faisons de plus près l’exégèse de l’adjectif ci-joint nommé.

-Premier extrait, p.021 (oui oui 021, parce que 0 avant les chiffres ça fait cOOl). L’ouverture du lieu machin « est l’événement de l’année. Avec une semaine d’inauguration, des concerts, des expos, des artistes berlinois, un concept-store spécial geek » ce machin fait l’événément (il manque un verbe dans la phrase originale).
Alors si je comprend bien, quand tu veux organiser les 6 ans de ta fille, tu invites un clown (la pauvre), si tu veux faire semblant d’être branchouille, tu invites des « artistes berlinois », qui sont un cran plus haut que le geek à lunettes dans la liste. Je serai un artiste berlinois anti-capitaliste et pro Liebigstr14, j’aurais comme un doute. Et je serai propriétaire de galerie parisienne à la moquette neuve, je ne tenterai pas. Le sol des bunker est moins sensible sur les bords de la Spree. Je dis ça, je dis rien.

-Deuxième, p.038, ça commence mal: « La saucisse allemande serait-elle tendance? » (c’est moi où il y a une pointe moutardée d’ironie sur ma Bratwurst?) « Certes, elle rappelle Berlin et les week end créatifs, mais de là à les importer dans un bar, il fallait oser ».
Alors déjà visiblement rapprocher Berlin de week end chez Nature et découverte, je m’offusque. Oui, parfois à Berlin on peut se lancer dans de petits travaux de rénovation, mais en général cela ne va pas sans une bière et une saucisse, justement. Quelle ignorance.

-Troisième, p.091 , ces soirée « réunissent 2.000 à 3.000 personnes, dont beaucoup d’habitués, dans une ambiance alternative digne de Berlin, Londres, Budapest, avec électro minimale pointue ».
J’ai trouvé électro et pointue, minimale je suis moins sûre:

Bon, il y a d’autres occurences (là j’ai la flemme de chercher, j’ai une ratatouille à préparer) mais je crois que l’idée est claire: le cliché berlinois est arrivé. C’est berlinois donc c’est alternatif (???), ce mot stupide repris à l’envi par tout scribouilleux qui a bu trois bières aux coins de la Warschauerstr. Les Easyjetsetter aux petites ailes pensent avoir vu des artistes au milieu de trois tags de la mal nommée East Side Gallery et on croit avoir une ambiance berlinoise (entre couches et culottes? à cause du nombres de poussettes? parce qu’on recycle les bouteilles de bières?) dès qu’un néon blafard éclaire un canapé en sky dans une arrière cour minuscule et crasseuse de Paris.

Paris n’a rien de parisien à offrir? N’y a-t-il pas une spécificité, une ambiance particulière à la capitale-centre-du-monde qui mériterait d’être valorisé plutôt que de singer Berlin qui aura toujours l’avantage de la qualité des Pils?

Cette photo a plus d’un an. Je veux UNE BIERE.

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Merkel ne veut pas d’Eurobond, ces titres qui permettraient de mutualiser la dette des états de la zone euro. Evidemment c’est une perspective qui fait bobo au portefeuille, c’est un peu comme si dans une famille l’épargneux grand frère à lunettes se retrouvait à payer les intérêts du trou creusé par les chaussures de la petite soeur. Le but, il faut quand même le dire, c’est d’éviter qu’à la fin les huissiers saisissent la maison de toute la famille.
Donc ça fait mal, mais c’est un moindre mal, tout bien considéré.

Mais non, Merkel a préféré prendre le risque d’une vieille crise des familles. C’est un mauvais calcul, si l’on considère que la fin de l’euro à ce rythme se profile à l’horizon 2013. Il ne lui reste qu’à espérer des élections anticipées à l’automne prochain, mais on gagne rarement les élections qu’on anticipe. Merkel a beau être une superstar sur le perron de l’Elysée, c’est nettement moins vrai quand on se rapproche de la machine à laver.

La chancellerie, dite Waschmachine.

Bref, Paris n’est pas Berlin, la France n’est pas l’Allemagne, et suivre comme un mouton l’exemple politique de la chancelière est un choix hasardeux.

La France a un taux de natalité de 2 enfants par femme, l’Allemagne 1,3.
Plus de 25% des Allemands ont plus de 60 ans. En 2050 au plus tard, probablement plus tôt, la population des deux pays sera identiques. Les Allemands, qui sont un peu moins de 82 millions, perdent déjà des habitants chaque année. La France, 63 millions au compteur actuellement, gagne au contraire des petits: bientôt les deux pays auront 74 millions d’habitants, selon les projections.

La dette allemande, contrairement à ce qu’on pense, est aussi lourde que pour la France: 81% du PIB. La croissance allemande, qui est tombée hier, a déçu. L’Allemagne est un pays organisé, qui a diminué un certain nombre d’aides sociales. Cela reste un pays incroyablement social, malgré son système médical à deux vitesses. L’Allemagne doit s’organiser face au vieillissement de sa population, qui implique deux choses: conservatisme et pragmatisme face aux problèmes qui arrivent à grande vitesse. C’est un peu comme si l’Allemagne était un très gros camping-car très lourd et flambant neuf, conduit par un couple de vieux: s’ils prennent mal le virage, ils se renversent et ne pourront pas relever la machine.
La France voyage toujours en deuch, avec plein de mioches à l’arrière qui pousseront dans les côtes.

Les problèmes ne sont pas les mêmes, et les solutions n’ont plus. Les eurobonds sont inévitables: comme toutes les solutions évoquées au début de chaque soubresaut (fonds d’aide, fonds européen, gouvernement économique), elle finira par être adoptée, mais en retard, une fois que l’eau aura envahi la maison.

Quant à la fin de l’euro, elle semble se profiler à la même vitesse que l’Espagne et l’Italie coulent. Saviez-vous que la première union monétaire, l’Union latine, a duré 18 ans, et a péri par… l’Italie et la Grèce.

Errare humanum est, perserverare diabolicum.

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Vous vous arrachez les cheveux devant la chute de la Bourse? Vous parcourez avec angoisse les pages saumon des quotidiens à la recherche de la pierre philosophale? Et surtout, vous n’arrivez pas à expliquer à votre compagne/on ce qu’est un rendement boursier, un EBIT ou un dividende?

Sachez qu’il y a des programmes pour cela. Des programmes pour enfants. Oui sehr geehrter Herr, sehr geehrte Madame, Lilipuz de l’ARD vous explique en quelques secondes ce qu’est un Eurobond. Parce qu’en Allemagne, il n’est jamais trop tôt pour soigner son Sparschwein.

J’ai déjà écouté trois fois et pas encore compris. Il doit me manquer un gène.

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Aujourd’hui j’ai pris en photo une famille dans un passage parfaitement désert du centre commercial de Paris. Ils étaient allemands, surpris que je leur parle dans leur langue. J’ai eu des frissons et je me suis enfuie.

C’est tout.

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Yvonne

Yvonne n’avait pas une vie facile. Née dans les basses vallées d’Autriche, elle n’avait connu que les locaux fermés, les barrières électrifiées, les relations sans amour. Entraperçues entre deux barreaux, les montagnes au loin la faisaient rêver de ce qu’elle ne connaissait pas. Des prairies d’herbes grasses, des sommets enneigées, des forêts profondes et fraîches, Yvonne les voyait la nuit, pendant que ses compagnes ronflaient, dans les box où elles étaient parquées. Le jour où on lui enleva ses petits, Yvonne, hurlant de peine et de douleur, décida de tout tenter pour gagner son plus grand bien : la liberté.

Yvonne vieillit. Bientôt, elle le sentait, elle ne serait plus d’aucune utilité à ses geôliers. Quand on la poussa de force dans ce camion, serrée à étouffer avec ses compagnes d’infortune, sa décision était prise: à n’importe quel prix, elle s’enfuirait. La possibilité vint lors d’un arrêt. Le gardien, cet horrible maquignon, se détourna quelques instants sur une aire de repos, laissant ses pauvres prisonnières beuglantes de douleur. Yvonne se fraya un passage, brisa une chaîne, couru le plus vite qu’elle le pouvait. Devant elle, les montagnes se dressaient. Dans cette fin de mai fleurie, la neige des Alpes illuminait la liberté nouvelle d’Yvonne. Libre! Libre enfin! Toute à son bonheur, Yvonne rua dans la forêt.

Bien sûr, on ne la laissa pas partir comme ça. Un avis de recherche fut lancé. On se moqua de cette esclave qui prétendait être ce qu’elle n’était pas. Mais Yvonne s’en fichait. Elle se mit à sortir la nuit à la recherche de sa nourriture, dormant le jour cachée sous les arbres. Surprise par une voiture alors qu’elle traversait une route, on décréta qu’elle était un danger public. L’ordre de l’abattre fut donné. Deux hommes avec des fusils parcourent les vallées bavaroises pour la tuer. Maintenant Yvonne court pour sa vie.

Il faut sauver Yvonne.

Bien sûr Yvonne est une vache, que croyiez vous?

Wo denn?

On dirait très exactement un vieux wagon du U2. Mais où as été prise la photo? La réponse est sur la photo, moi ça me terrifie…

C wie…

Bonne tranche de rigolade offerte gratuitement par la CDU. Pour les non-germanistes, il suffit de savoir que le C se prononce « Tsé »:

Photo trouvée là

Stupide coup de pub ou ratage magnifique? Même si le « C » se prononce comme le « Z » (Tsoukounft, avenir), dans un pays qui se désole que ses enfants n’apprennent plus  l’ancestrale écriture cursive et  de voir disparaître l’ortografe des livres d’écoles, c’est pas malin, surtout d’un parti conservateur comme la C… pardon, la ZDU.

Si vous aussi vous voulez trouver un mot qui commence par Y ou Z comme dans cheval, c’est par là.

Rien à voir: je crois qu’on est un meilleur journaliste quand on est à l’étranger et qu’on est moins impliqué dans les histoires qu’on est amené à raconter. J’en suis là de mes réflexions…

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Faulheit

Une qualité bien française que la paresse, art familier que je maîtrise à la perfection. Six années de glande, et me voilà balancée dans un monde cruel, bavard, entre le « on n’est pas au café du commerce » et le « vous êtes de province? » du goguenard garçon de café. Du commerce.

J’en étais au bord des larmes, regrettant ma chère patrie* molle et putriscente, mais calme et utérine, coincée entre la Havel et la Spree. J’entendis alors cette parole familiale « Faudrait savoir si le studio, on l’achète à Paris ou à Berlin? »

A mon coeur n’en jetez plus, je me sens prise entre les tenailles du choix (et de la gueule de bois). Je me rends compte aussi que quatre semaines à Paris et voilà, je suis incapable d’enchaîner deux bières sans être hilare, j’ai toujours dit que cette boisson ambrée n’était buvable que lorsqu’elle respectait la Reinheitsgebot. Encore une histoire de pureté originelle, tiens. Bon, je vais me coucher, je me réveillerai peut-être à l’heure de Berlin…

Qui va deviner où la photo a été prise?

*Pour en arriver à parler de Berlin comme de ma patrie, c’est vraiment qu’il se passe des choses pas conformes à la Grundgesetz dans ma tête.

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Demütigung

Contrairement à ce que j’ai cru longtemps, Demütigung signifie « humiliation ». Pourtant le radical est Mut, « courage », alors je pensais qu’il s’agissait juste de découragement.

Mais non. Et les humiliations sont comme ce mot, elles se cachent derrière des choses qui n’ont l’air de rien.

Par exemple hier soir, j’ai été victime de racisme.
Hier j’ai voulu aller dans un club parisien, avec des amis noirs. Oui oui, des gens noirs, des Français qui sont noirs. Genre des Français de France, mais ils auraient aussi pu être Français d’ailleurs, ou pas Français du tout, d’ailleurs. Même que parmi eux, un était blanc. Car on peut être noir et blanc, si la génétique s’y mêle. Il y a même des blancs tellement basanés qu’on les prend pour autre chose, comme mes cousins, ou, tiens, mes aïeux. A la loterie, j’ai tiré le blanchâtre aux yeux clairs, mais j’aurais pu avoir les cheveux noirs de jais de mes ancêtres lorrains ou les traits asiatiques des Bretons de chez moi. On ne peut rien lire sur la gueule des gens.

Mais hier, on s’est fait jeter, en groupe, et plusieurs fois, de trois clubs successifs. Au troisième, j’étais prête à défoncer la gueule du physionomiste. Là encore, la génétique a joué en faveur, j’aurais le physique d’un Klitschko je serai déjà en prison pour coup et blessures.

Ce qui m’a le plus déprimée, mais je ne les comprends que trop bien, c’est l’attitude de mes amis. Rodés à ces humiliations habituelles, ils se sont pliés au désiderata ridicules, absurdes et contradictoires du connard qui tenait la porte de sa boîte minable.

Cette ville rend les gens fous. Parfois j’ai l’impression que les immeubles vont s’effondrer sur nous, que les contraintes permanentes que les gens acceptent vont les lobotomiser, que je me réveillerai un matin et ils seront tous transformé en mannequins raides aux yeux vides. Je suis partie depuis trop longtemps: je sais qu’un autre monde existe, je refuse, de toutes mes forces, de prendre ces scandales comme des aléas inévitables. On a tous le droit de choisir comment vivre, seulement beaucoup l’ont oublié.

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Je me suis surprise à comprendre un peu de norvégien. Pas beaucoup, juste de quoi lire « violente explosion à la bombe » « au moins 84 morts » et « des explosifs trouvés sur l’île ». Une bombe plus une fusillade, quelle montée d’adrénaline. Au moment où c’est arrivé, je regardais un reportage du Spiegel consacré au premier anniversaire de la Love Parade.

Ces massacres annuels -trois en trois ans- font partie de mon travail. Ils le remettent en cause aussi à chaque fois. Quelle personne est-on quand on attend comme un spectateur de série télé que le bilan augmente ou que les photos de catastrophe tombent sur le fil des agences?

Je ne sais pas si je trouverai la réponse.

Boxi

Il n’y a qu’une poubelle dans la cour de mon immeuble. Une seule, verte, qui avale tout. Après des années de complainte sur ma cuisine transformée en annexe de la décharge, on pourrait croire que j’ai sauté de joie sur la simplification de ma vie quotidienne.

Tu parles, Charles.
Je me surprend à laisser les bouteilles et les emballages à part. Je n’arrive pas à mettre le papier avec le reste. Je cherche convulsivement le container adapté.

Pire: je vais toujours faire les courses avec un cabas. Je refuse obstinément les sachets en plastique, et la pharmacienne me prend pour une originale. J’ai des sueurs froides en voyant les parfaits et neufs sachets papier dans lesquels tout le bureau ramène son déjeuner… du sous-sol. C’est à dire que le sachet fait -1/+2 en ascenseur, avant de finir dans la poubelle. J’en ai un que je réutilise, et déjà je me sens coupable d’utiliser des couverts en plastique.

Je vous ai déjà dit que j’attendais au feu rouge? Pour quoi faire me direz vous, quand les scooter passent à contrer-sens sur les trottoirs…

Dès que je n’ai plus de photos de Berlin à poster, j’y repars!

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C’est une affection psychosomatique répertoriée. Les symptômes sont les suivants: envie d’aller boire une bière après le boulot, recherche effrénée d’un döner après la bière, complainte sur l’espace vital disponible*, désorientation inhérente à l’absence de Fernsehturm comme point de repère à la sortie du métro.

Un autre effet étrange est l’apparition soudaine d’images et d’odeur devant les yeux du patient atteint: il voit des pelouses à la place du bitume, de la neige sur les toits, des trams sous les roues des autobus.

Il n’y a pas de traitement connu pour ce type d’affection, qui peut prendre la forme de Londonalgie, de Barcelonite ou même de Parilgie -plus rare, celle-ci touche en général les jeunes filles romantiques.

Allez, vous pouvez jouer à deviner ce que représente les photos, et même d’où elles ont été prises!

*il s’agit évidemment de taille d’appartement, pas d’un quelconque Lebensraum de mauvais aloi…

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Sailyne* a eu la bonne idée de m’envoyer cet article qui m’a fait tomber de ma chaise. Enfin, je ne suis plus seule à dire que Berlin s’endort, repousse le changement et l’argent. Bon, je pense qu’après 20 ans il était temps que l’auteur du texte s’en rende compte, mais fondamentalement je suis d’accord avec lui.

Ce qui est drôle c’est que le même jour cela faisait écho à la Bild qui, après que Sarrazin se soit fait jeter d’un resto turc (normal), pointait la xénophobie berlinoise. En gros, les Berlinois seraient en train de virer racistes, contre les riches, contre les Souabes, contre les Sarrazin.

Tout est évidemment à prendre avec des pince-nez, malgré tout j’y vois une tendance de renfermement sur soi-même qui nous atteint dès qu’on reste un peu trop longtemps. J’ai eu un pincement d’angoisse quand on a garé la grosse Mercedes brillante en dessous de chez moi à Friedrichshain, à portée de cocktail molotov des alter-je-sais-pas-quoi du coin de la rue ; et j’étais la première à dire: « Vous n’aimez pas Berlin? Tant mieux, laissez-la nous!! »

C’est là que j’ai décidé de partir. Les arbres, l’espace, les Frühstück, cela me semblait trop peu pour construire ma vie de célibataire active. J’y mets un bémol: tout est différent, je le vois autour de moi, avec un enfant. Mais on fait ses choix avec ce qu’on a.

Je ne sais pas si Berlin se développera. Je n’y crois pas vraiment. J’ai grandi dans une ville touristique, allez, on va le dire: la ville la plus touristique du monde si on prend le ratio touriste/habitant (à peu près 70 pour 1). Et bien il n’y a pas de développement grâce aux touristes. Versailles étant une adorable ville résidentielle de la couronne parisienne, elle n’a pas de problème pour occuper ses habitants. Le cas est différent pour Berlin, qui manque foncièrement de tissu industriel. Et puis, ce serait une horrible concession capitalistique. Après tout, les touristes viennent y chercher les friches et les repas pas cher, ce qui est incompatible avec une ville active qui se développe.

Allez je sens que je m’énerve. Profitons plutôt du paysage.

Juste en face de la chancellerie, le long de la Bundespresseamt

*Sailyne, si tu redis que l’Alsace c’est un peu l’Allemagne je vais être obligée de te faire boire de la Kronenbourg en te gavant te tarte flambée froide!!!

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Moi je peux parler d’avant et après internet. Avant, c’est 2002, quand RFI est ton seul lien pour l’étranger, que le téléphone coûte un bras, alors tu utilises des Vorwahl en 01778… et ça grésille tant que tu abrèges.

Après, c’est des direct fait par Skype, une vie à travers l’écran, des photos instantanément envoyées et reçues à l’autre bout du monde.

Et, où que tu sois, la radio française dans le métro berlinois et la presse allemande dans ton nid d’aigle parisien. Franchement, si je parlais pas allemand, je ne servirai à rien au bureau, et je n’aurais rien à proposer.

Mais aujourd’hui, aaaah, l’Allemagne glamour et sexy fait ses gros titres.
Peut-être cela vous a-t-il échappé, mais Angela a dit qu’elle serait de nouveau candidate en 2013*. Depuis, on lui cherche un adversaire. Il faut qu’il soit de gauche, plutôt un mec, et pour une raison qui m’échappe, enrobé. Enfin, voici ce qu’on nous a dégoté:

Ils sont sexy non? Non? M’enfin. Steinbrück, là à gauche, il sourit (si, chez lui, ça s’appelle un sourire, les deux coins de la bouche ne sont pas à la même hauteur). A droite, les cheveux blancs de Steinmeier lui permettent de faire plus vieux que ses 55 ans, bah oui, il faut bien avoir l’air mature pour affronter le plus jeune chancelier que l’Allemagne a jamais eu. Quand à Sigmar Gabriel, au milieu, à part s’appeler Sigmar, je ne vois pas ce qu’il a pour lui. Mais je ne suis pas objective, sa coupe de cheveux me donne des boutons.

*Juste la semaine où on m’avait commandé un article sur « qui pour succéder à Merkel? »Ahahah.

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Mais la bonne nouvelle c’est que je travaille et c’est ma joie!
J’ai même trouvé le temps de raconter cette histoire: les Allemands n’en loupent pas une!
Si ca continue, je serai vachement vite de retour du côté des bonnes bières et des Würtschen…

Sommerloch

Enfin, un mystère intégral vient de se lever. Pourquoi donc les Allemands ont-ils une passion pour l’Italie et tout ce qui provient de la Péninsule?

Cette vidéo du Spiegel Online vous apportera la réponse, simple, évidente, et à laquelle je n’avais jamais pensée. Après la guerre, alors que les Allemands commencent à profiter de leur bien-être retrouvé, se pose la question angoissante des vacances: où aller dépenser ses Deutsche Marks sans avoir l’air d’envahir -encore- le pays? La France: non way. L’Espagne: pauvre et lointaine dans les années 50. La Grèce? Ils n’ont pas gardé un très bon souvenir de leur dernier contact teutonnant. Les pays du Nord non plus. Ne reste donc que l’ancien allié mussolinien, où il fait beau et où les pâtes sont bonnes.

Va pour la Deutsche Vita.

Cette vidéo regorge de découvertes:

Le camping en Trabant


L’hôtel roulant

La fonction politique de l’être-à-poil

Aaaaah. Tout cela me donne envie d’être en vacances…


et d’être en Allemagne.

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Le saviez-vous?

Savez-vous comment la presse allemande appelle le futur bébé Sarko-Bruni?
Le Minikozy!

Help

Je cherche à réactiver les widgets (colonne de droite et pied de page) mais je n’y arrive pas. Ils ne s’affichent pas (en tout cas je ne les vois pas). Quelqu’un a-t-il une solution?

Finalement les choses ne changent pas. Je me retrouve dans ma cuisine, prenant mon café, et écrivant un message de blog. Et j’ai une vague gueule de bois, comme toujours quand je suis sortie la veille. Finalement je comprends le fossé entre Berlin et Paris, on ne voit pas les choses d’un même oeil selon qu’on est un gars ou une fille. A Berlin, on est un bout de bois, à Paris un bout de viande. Enfin pas que, mais disons que la prunelle de nos vis-à-vis nous renvoie tout à coup à des choses qu’on peut oublier totalement de l’autre côté de la Spree.

Mais il manque les tilleuls. Vivre au dessus ou dans les arbres, c’est ce qui manque le plus. Leur odeur, leur couleur, le rappel de notre petitesse. Un jour les arbres gagneront, et c’est une certitude réconfortante. Vouloir construire une ville minérale est une idée saugrenue à laquelle Paris s’agrippe avec ferveur. Je reconnais ma rue parce que c’est celle qui a des platanes à un bout.

Hier en sautant sur de la musique moderne* je regardais les murs de la caserne, la tour de vigie, le jardin de Port-Royal et les képis et les galons nous entourant, je me rendais compte que cela faisait juste trop d’émotions en trop peu de temps. En reprenant machinalement le chemin de la fac pour rejoindre le métro, un autre choc de l’espace-temps m’a frappée. J’étais là mais pas là, j’habite Paris pour de vrai.

Je cherche encore Alex sur la carte du métro. Je sens qu’il va falloir que je m’habitue.

*à l’échelle de l’histoire s’entend:

Amnesia

C’est bien simple: depuis que je suis rentrée, les conversations tournent uniquement autour de… Berlin.

« -Oh mais c’est vraiment la ville idéale pour moi. Je pourrais dire que je suis communiste, alors qu’ici c’est une insulte! »
-Heureusement que c’est une insulte. Quand tu as vécu sur les restes d’un pays communiste, le communisme c’est ce qui a détruit les vies des parents de mes amis ou les as fait balancer en prison… »

Berlin 1-Paris 0.

Expérience de clubbing gratuite à l’occasion de la Fête Nat. Là, rien à dire, les Français étant frileux, ils ne manifestent qu’aux beaux jours, ce qui permet d’éviter la neige pour le bal des pompiers. Malgré tout, pendant que je matais les beaux gars de la fanfare, je me rendais compte qu’à Londres on écoute souvent la musique de l’année, à Berlin la techno de demain, et à Paris les chansons de l’avant-veille. Faire chanter les trentenaires sur New-York New-York, j’ai comme un doute.

Et puis les autres, là, qui ne connaissent même pas les paroles de Song 2 -sacrilège!- autrement qu’à travers la pub télé. Forcément, ils étaient au primaire lors de la sortie de l’album et doivent penser que Damon Albarn a une tête de singe.

Et puis ces reprises d’un truc inconnu?? Le tube de 2010. Ahhhhh. Je regarde ma voisine, non, ce n’est jamais arrivé à l’est. Je veux du Peter Fox.

Mais où j’étais les 10 dernières années? « Oh je trouve ça tellement courageux d’être partie ». Ma poule, si tu savais, le vrai courage, c’était de rentrer. Partir, c’était juste de l’inconscience.

Je crois que pour les prochaines fois je répondrais: Je sors de dix ans de prison. Oui c’était long. Non, je ne suis qu’en conditionnelle, je dois être rentrée avant la nuit. Ou bien je préfère l’hôpital psychiatrique? Il faut trouver une raison à cette longue amnésie.

PS: je ne changerai pas le nom du blog, puisqu’il ne s’agit toujours encore que de Berlin…

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Business

Parisiennes, investissez dans le maquillage: le rendement en bière est pas mal.


Unterschied

Les plus : pain au chocolat et baguette croustillante à chaque coin de rue. Famille nettement plus près.
Les moins : pas de café à emporter avec la viennoiserie du matin. Famille nettement plus près.
Le plus : coup de fil pas cher pour appeler en France !
Le moins : facture téléphonique allemande délirante pour régler les problèmes allemands.
Un autre plus : pas besoin d’attendre bêtement au feu rouge devant une rue vide.
Un moins : j’attends quand même comme une quiche. Ce processus de germanisation a abouti.
Un plus : je comprends quand on me parle au bureau, je peux même prendre en note les citations de mes interlocuteurs en étant sûre d’avoir compris le sens de leurs paroles.
Un moins : par contre je ne comprends pas comment ça marche au bureau. L’explicite n’est pas français, et visiblement on doit pouvoir apprendre rien qu’en reniflant l’ambiance. Il me manque des capteurs.
Le plus : je peux porter des talons et des chaussures chics.
Le moins : j’ai grevé mon budget en réalisant que je n’avais aucune chaussure d’été mettables.
Le plus : j’habite à côté de mes amis à Paris.
Le moins : j’habite loin des autres à Berlin.

Le choc

Parfois, juste, je n’y crois pas. Je me lève et je vois le Sacré-Coeur, et il est chaque fois éclairé sous un jour différent, sous un ciel profond, dans un décor changeant. Parfois plus proche, parfois très loin, toujours aussi blanc. Toujours aussi beau. Vraiment, c’est autre chose d’avoir une vue.

Je vais au travail, et j’ai même presque compris ce qu’on attendait de moi. J’ai mis au point des méthodes de tirage au flanc -ce n’est pas vrai, j’aime bien bosser. Je prends le métro chaque jour, il y a du bruit et des petits vieux. Je ne vois rien de Paris. Je ne croise pas mes amis.
Mais je n’arrive toujours pas à réaliser que je suis , et qu’il n’y a plus d’ailleurs. Je ne vais pas prendre l’avion dans quelques jours, il n’y a plus d’autre chez moi, éloigné et secret. Je n’ai qu’une seule vie qui tient dans un bloc. Et je n’en suis même pas malheureuse.

Certes, parfois quand je vois cette grande salle tranquille où on travaille, que j’entends des bouts de conversation à la machine à café et que je me planque derrière mes écrans d’ordi, je n’arrive pas à croire tout à fait que ce soit ma réalité. J’attends encore fébrilement la diffusion de mon dernier sujet en Pologne, histoire de me prouver que ma vie a bien été faite d’autres choses aussi.

En trois semaine j’ai jeté mes habitudes aux oubliettes, fait des adieux rapides, trouvé un appartement, transporté mes cartons, emménagé sous la pluie parisienne. Il y a des gens au bureau qui sont arrivés après moi, et j’ai déjà passé deux week end en dehors de Paris, en moins de 17 jours. On m’a annoncé deux grossesses, une entrée au séminaire, j’ai traversé Barbès en pleine nuit, les soldes en plein samedi, été de mariage replonger dans mon enfance à la recherche du rock trois temps et de la chevalière que je n’ai jamais portée.

Il y a un an je pleurais toute les larmes que je pouvais sur mon coeur brisé. Il y a dix ans j’ignorais que des choses comme cela était possible.
Il y a deux mois je ne savais pas où je passerai l’été.
Ce soir je bois une bière tchèque, un cadeau de départ, devant un clone du pied de lavande que j’ai donné en partant.
Chaque jour semble être une aventure, j’attends les avions du 14 juillet, dans ce pays étrange que je ne connais plus.

Je boirais bien une Hefe.

Untitled

En bas de chez moi il y a des gens qui font les poubelles du Leader Price. Dans la rue, une maison a gardé son enseigne de fabrique de chaussons. Il y a des bébés en poussette qui prennent les pots d’échappement dans la gueule, mes voisins m’ont souhaité un bon emménagement et la petite vieille du troisième m’a fait chier avec la porte d’entrée mal coincée. La pharmacienne confirme que les produits dérivés Dunkan se vendent vraiment bien, la petite ceinture découvre ses voies abandonnées au milieu d’arbres foisonnants. Dans le bar d’en bas, la tenancière pendue à son oreillette débite le prix des chambres pour deux mois au bled, je vois des voisins en calbut fermer leur volet, en face des géraniums alsaciens mettent une touche de joie. Les hélicos se succèdent à quelques encablures du périph, j’ai été réveillée par les ouvriers qui viennent refaire notre vieux toit en zinc. De la fenêtre de la cuisine, on voit le Sacré-Coeur.
J’ai emménagé à Paris avant-hier.

Uhrzeit

Bien sûr parfois j’ai le vertige. Un compte-à-rebours s’est enclenché, inexorable. Dix. Neuf. Huit.
Les jours s’enchaînent. A l’angoisse s’est mêlée la hâte, celle d’être enfin de l’autre côté.

Et pourtant cela semble irréel. Sous les plafonds monumentaux de cet appartement labyrithynque de Basse-Saxe,on se souhaite à bientôt, « avant la fin de l’année. » Comment accepter des retrouvailles dans sept mois, laisser mon amie, penser revoir mon quasi-neveu devenu petit garçon alors que ce bébé existe pour nous depuis que, six ans auparavant, nous avons vu ses parents s’embrasser?
Les heures s’égrainent. Le temps s’étale, impartial, revêche, montrant chaque moment à sa juste valeur. Neuf ans d’un coup, un tiers de vie, qui semblent tout à coup si longs alors qu’un nouveau châpitre s’amorce. Chaque soirée, chaque bouteille est dégustée à nouveau en souvenir, ça et là des photos viennent prouver la vérité des mémoires. Pendant ce temps le petit pousse et les jours passent. Il m’en reste huit, quand dans une semaine le train s’arrêtera dans cette ville, le jour du grand départ. Je suis fatiguée et anxieuse, excitée et ravie. Il n’y a pas de réponse, seul le temps, et ce qu’on en fait nous donne une indication. Encore huit jours. Seulement huit jours. A dans neuf jours.

aber Berlin!

Photo

Liebeskummer

« Tu te souviens être arrivée avec deux valises il y a neuf ans? », dis-je en rigolant alors qu’on remplit un des 70 cartons de chaussettes et autres piles de jean. Bébé gigote dans son lit et R. sourit. Ce n’est pas drôle du tout en fait. Tous foutent le camp, les choses changent et c’est bien. Oui oui, c’est ce qu’on se dit. « On voudrait que Berlin reste pareille, que la ville soit toujours innovante, excitante, pas chère et ouverte, mais c’est le contraire du changement », philosophe son mari en dévissant le plafonnier. Je pense à ça en attendant le tram, des francophones parlent des « plans cul d’Anna » et j’ai un haut-le-coeur.

Définitivement, j’ai passé l’âge. C’est la triste réalité qui me frappe quand deux touristes françaises approximativement vêtues de fourrures synthétiques et trop bourrées pour leur hauts talons me demandent la direction de la « Karl Avenieuw ». « Merci madame », gloussent-elles en s’en allant sous les réverbères pré-communistes. Ce n’est pas Berlin qui a changé, c’est nous qui avons vieilli. En vidant le grand appartement je suis prise de vertige pendant que Bébé, imperturbable, rigole encore au fond du panier à linge. Je compte les carreaux à laver et les encadrements de portes qui nous séparent du grand départ.

Je ne veux juste pas qu’ils s’en aillent. Encore un dîner en terrasse, « Il faudra qu’on aille au Bird bientôt », dit R. avant de se reprendre. « Enfin, il faudra que tu y ailles ». Je l’embrasse une dernière fois et c’est trop tard, je pleure sous la porte de la Kulturbrauerei. Ils montent dans la voiture, le siège auto est bien arrimé et je m’enfuis, si vous avez vu une andouille sangloter entre deux voitures de la Danziger, c’était moi, bientôt trente ans et ma jeunesse qui fout le camp.

En attendant, un petit bijou vu en concert

Il fait beau ce soir à Berlin. Ma filleule pleurniche, son frère m’a fait des sourires tout l’après-midi. Je suis dans la cuisine où, il y a sept ans, ils n’existaient pas. Mon amie est plus occupée, et tellement plus heureuse. Elle m’a passé son mari au téléphone. J’ai bu un peu trop de bière, il fait frais alors que je rentre dans mon chez moi à moi, dans le weit-Ost berlinois.
Les choses ont changé mais semblent être juste là où il faut. Comme si un ordre inconnu avait poussé chaque élément à leur place de toujours. Ce n’est pas comme cela que je voyais mon avenir il y a sept ans, mais c’est finalement beaucoup mieux. Ce chemin se termine, il donne sur une autre route et un autre paysage. Le projet Berlin est rempli.

Comment prononce-t-on Strauss-Kahn?

Ce nom de famille composé est d’origine germanique. En allemand on le prononce « SchtrAOooss-Kâân ». Néanmoins les noms des personnes d’origine étrangère peuvent être francisés lors de la naturalisation, et l’usage veut qu’on prononce les noms étrangères à la française. Par exemple Offenbach n’est plus prononcé OffenbaR comme il devrait l’être. Depuis que DSK est inculpé de crime, son nom est presque toujours prononcé à l’allemande. Cela n’a bien sûr aucune signification.

Pourquoi personne n’a parlé d’antisémitisme?

Oui, tiens, pourquoi? Il y a encore quelques mois (et depuis plusieurs années en fait) beaucoup prédisait qu’il était impossible qu’un Juif soit élu à la tête de l’Etat français. Logiquement quelqu’un devrait ressortir l’attaque antisémite, qui n’est pas plus improbable que celle du complot russe.

Qu’en pense Angela Merkel, après tout elle avait bien rendez-vous avec le patron du FMI ce dimanche, non?

Aux premières nouvelles elle ne pensait pas grand-chose et a pu prendre son goûter du dimanche tranquille. Mais en vrai, je suis sûre qu’elle se réjouit de l’avoir échappé belle.

C’est vrai quoi, la discussion eût-été probablement barbante.

Sexe, etc

Soyons honnêtes: si les Berlinois avaient la preésence d’esprit de nous draguer, la vie serait nettement plus supportable.

My story (11)

It was soon time to go home for an other internship. S. wrapped my bike, the bus driver of the Strasburger choir was a kind of worry to have to take that too. I went with a full bus of Alsacian singers and musicians to watch the midnight sun on the Rostock shore. Just after crossing the border back in France, I got a phone call that made me very angry.

Eight years later, as I am about to write this part, I realize that I am still, and probably for ever, very angry at what some people did to me. Just before I had left for Berlin, a friend of mine abused of my friendship to did something he should never have done, knowing perfectly I was not in the position to refuse. It took some weeks but he got what he wanted. As I was not so malleable as he thought, he changed his target and I found myself, two months later, drying the tears of someone else. From now on, Paris has lost some of its easiness and beauty.

We were getting older and the climate at school became thick and poisonous. I had to give lessons to pay my bills and was exhausted in advance of the long, long tunnel that was promised to us to get a job: internship, jobbing, mini-salary. It was soon clear that Berlin, after all, with people there who care of me, could be a good solution to grow up.

My story (10)

I looked for an internship in Berlin, and of course the positive answer came very, very late. Basically, the Friday before the Monday I was supposed to start. I asked A. where she had found her gorgeous flat two years before, and the website offered me two choices: a room at a old lady’s or by a photographer in Mitte.

I emailed the second woman to tell her I was arriving with the train on Sunday morning.

Life is a very strange thing. Sometimes, the decision you take in a rush in front of a public computer could change your life for ever.

As I arrived it was like I had never left. Tourists came to me to ask for her route, and I knew what to say. I arrived as slowly as I could to finally woke up my hosts who were certain I was arriving on the evening. First of all, they were a couple and not a single woman, as the website said. And when I left for lunch, she was crying her eyes out in the kitchen.

The internship went great, I was good at my job, it was easier for me than for my fellow intern. The European Championship offered us beautiful evenings on the streets drinking beer with R., who has decided to stay in Berlin. I learnt to know my great hosts, C. and S. She was crying so much because she desperately wanted to have a baby, and for three weeks, I became her substitute child. I discovered a city I had never dreamt of before: Berlin. Berlin of Berliners, Berlin of former East-German people, Berlin with an accent and jokes I was not supposed to understand. It rained so much but summer was joyous and happy. That’s how I met my Berliner Ersatz-parents.

It didn’t feel right to be there. Few days after the beginning, I was complaining about my choice at the birthday party of a very long time girl friend. “The first day of the 6ème, you already said you wanted to become a journalist”, another one said , “so shut up and just do it!” So I went back.

Love rarely resists family fight and long distance. When you add both, it ends badly. A very, very bad flu later and with many pounds lost in tears, I entered school again and no one recognized me. I was a new person, in a new shape, but I didn’t know it. I was not breathing properly, stuck in the train in the morning, I had grown up very fast the year before and I was struggling being back home again. Finally I found a room in Paris and the help to pay for it. Enjoying my new freedom but longing for the old times in Berlin (!), I jumped on the train and went to London.

At A’s flat we had the best party ever. What I didn’t manage to enjoy a year before in Berlin, I was able to get in London on a cold pre-Christmas night. The next day, I was slowly making my way to the kettle when I heard A.’s voice, suddenly wide awake, yelling: “Come back, they caught Saddam Hussein!” I rushed back to the room just in time to see Paul Bremer on the TV: “We got ‘im”. “I can’t believe this, it’s history, and the only thing they find to say it’s “We got him”, this fucking Americans”, A cried,  jumping on her bed.

In the train back I met the perfect man, which was very funny. But perfection is sometimes boring as I found.

I finally became very happy doing what I liked. Everyday, coming back from the shops, I watched the Eiffel Tower glittering and felt an incredible joy being there. We helped the beer provider to make better sales, we disturbed my flatmates sometimes, criticized our teachers basically all the times. And life was good.

I had noticed the first day in class that I was the only one to speak German. When the moment arrived to make our choice for the summer, I decided to try to go back to Berlin to get a new experience to finally discover the city I had been so scared of.

My story (8)

I had a very busy summer. I was working 5 days a week in the Yvelines countryside, trying to save some time to go to the German History Institute and, more than everything, caring for the balcony. For the ones who has forgotten, the summer of 2003 was incredibly warm, and I used to water hundred liters everyday. My boyfriend came back, preceded by an incredible smell of oil and unable to walk properly on a motionless pavement, for leaving few days later on a container ship. Cantat killed Marie Trintignant and, with no relation with the topic, I found myself making an interview in her parents’ building. September arrived, I passed the test, I hurried to finish my master, E. came over a Sunday afternoon and with my dad we reread it as quickly as we could two hours before giving it to my teacher: I absolutely needed to have my maîtrise for entering the journalism master and the car was kind enough to break only on the way back home.

I got the maîtrise and the master test and, being late one more time, rushing in these unknown corridors with a good humored and looking guy, I arrived in our very first journalism class.

My story (7)

I tried Sciences-Po again and failed another time. I didn’t really know what to do in Paris. My Japanese friend M. has visited us and found a special language to have fun with my mum about me. A. was turning 21 in Berlin and I decided to go.

We had spent so much time complaining together in her beautiful flat in Wilmersdorf. As I knew she was coming late at night from her boyfriend’s town on a Sunday eve, I waited for her once at the airport. Berlin has been hard on us, but we found each other. It was not much, three friends, but only the quality matters.

I took once again the overnight train and arrived in Berlin at the beginning of May. It was so hot, I couldn’t believe it was really the same city I have left two months ago. I spent the day in the park, visiting Charlottenburg and going from surprises to amazement.

I stayed at A’s., going to the library and finally working hard on my master I have started six month too late. It was fascinating to discover the Berlin French community of the late 18th century through an artist diary, and time flew in work, good company and sunny evenings.

You remember E.,  the annoying boy of the University? Well, between a class of military art history and of archaic Greece, we became very good friends. One day, as I was still in Berlin, he called: « What are you doing next year? », he asked like if he was my dad. « I thought of doing what you all do this year, preparing the journalism schools ». « No no no, you can’t stay a year at home, I find you something, do you have any idea? » « I heard about a master in Paris 1, if you could check and send me the details ».

He called back the next day: « I couldn’t find anything in Paris 1, but there is a journalism master in Paris 2 and you’re registered for the test ».

The newspaper I have applied for an internship called back too. I copied my manuscript, and hurried back home.

My story (6)

Entering the US as a French citizen in March 2003 was not such an easy job. I saw tourists taking their clothes off and walking literally naked under the control doors, and we almost missed our flight between Atlanta and Denver due to the several control imposed by a nice and huge blond woman at 4am -Paris time.

After skiing in Vail, we found ourselves taking breakfast in the desert of Moab, Utah. A man turned the TV on CNN and suddenly hypnotized by the small window on our very small world, the time stopped while thirties pair of eyes glazed at a statue being pulled off some ten thousand miles away. When the legs resisted the traction of a tank in a comical effect, I could hear the laugh of thirty people jumping with joy and congratulating each other for this very short and successful war for freedom. An old skinny and very chic woman sat next to us and said, in perfect French, how glad she was to see that we didn’t hate them, and that we were able to understand how much she suffered, eighteen months before, as she watched her beloved New York City burning.

***

In November 2002 I entered the Tv and wash-machines crowded shop of my neighbor in Eberswalderstrasse. Saadi shoke my hands and smiled painfully: « Thank you so much to your minister for talking such a speech at the Uno », said my Iraqi neighbor. « Well, if you like French politics, perhaps you could thank us by giving me a reduction on my Tv, it’s my birthday too! »

Journalists have no moral, it’s obvious. And I got 10 euros off my Tv.

My story (5)

We passed a German test the day of our arrival. In a big room, with 1000 other foreigners, I had to check my poor German to be able to start a new year. The 11th of September 2002, we got in our language class. The wall was touching the American embassy. To my happy surprise, I was in a middle leveled class with four Japanese, some Danish and Scandinavian students, a Hungarian guy, a weird Russian girl from Ninji Novogorod who needed three full days of travelling to reach Berlin and a tall, beautiful Asian girl. « I’m coming from China », she said, with an incredibly strong French accent. I asked – in German- if she luckily not was French, too? R. replied very firmly that she had nothing French in her.

The next day a new girl arrived from London wearing fantastic pink tennis shoes. With a similar French accent, she apologized for being one day late because of her summer job at the Eurostar. Convinced that she was some daughter of diplomatic French parents, I tried my luck for exactly the same answer. She was definitely no French citizen, and I start to think there was even something to be ashamed of of assuming being one.

Well, finally I was not so wrong, as they both have been raised in Geneva and Beauvais. We had a lunch with R., A. and two Japanese girls on an Indian restaurant in Prenzlauer Berg, and it start to feel nice to be there.

A week later, as I had finally understood that I needed a contract to be protected in the flat I was living, my crazy landlady shouted at me so loudly and ridiculously that the only proper solution was to leave as soon as I can. In the middle of the night, R. came to help me and I arrived crying with my thousands luggage in her flat where I was about to spent two weeks.

Some days later, we went to sleep with a new chancellor to wake up the next day with Schröder again. I moved into my flat, and head off to Ostfriesland.

***

My boyfriend was unfortunately the single heir of a very rich Parisian family, and the only child of a divorced widow. What should happen always happens, and they had a terrible fight over me. Ostfriesland was far away, I hated Berlin and my boyfriend’s mum hated me. In the university, I got kicked out some courses because they didn’t want any foreigners there. In our flat, the cat felt from the balcony on the very first night and died miserably between the recycling and the compost bins. Bush decided to invade Iraq, I tried to invade the AOK going through the horrible tunnels under Alexanderplatz and felt so depressed as I were so sure that some Stasi agents were spying us.

I was terrorized, depressed and lonely. I couldn’t get in touch with my teacher who was never available, I didn’t know what I was supposed to work on, reaching my friends was almost impossible, the university looked like a kind of a labyrinth constantly under work which walls and stairs were changing places every time you got there. There was no internet, not flatrate to call abroad, it started to snow, it get very cold, the new year started, my boyfriend went to sea on a Belgian oil-tanker and in March, I still hadn’t nothing to write my master on.

***

The day I was leaving I packed my boxes and, having cleaned my room and prepared my departure, I went out. It was sunny, the very first day of sunshine since I have arrived six months ago.  I walked 50 meters away from my flat and discovered a green park where people played and lied under the sun. I couldn’t believe I was actually leaving that day, when the city started to totally change. It was anyway too late. I got in the overnight train, M. and A. crying and waving goodbye as this train on strike where no bed has been prepared was taking me away. I left, certain I was never to go back.

The next day I randomly opened some boxes, put some T-shirts in a bag, found the passport I had so much trouble to get made in Berlin and, hurrying like I was not supposed to settle anywhere now, we got in the taxi to the airport and flew to the US. It was March 2003.

My story (4)

The moment we arrived it was obvious something was wrong. The big, front room has changed in an ugly, small, corridor-ending room. The landlady appeared to be really crazy and there was only solution: leaving. We spent the week visiting flats and trying to find a room somewhere, but it didn’t know the unwritten Berlin flatmate search code and failed miserably.

The evening after my friend left, I was having a drink on the terrace of a Lebanese restaurant on the corner. I asked the smiling waitress if she knows how I could find a room around there ?

« Well, I’m looking too! I found a great fully furnished flat for six months, the deposit is a bit high, but it’s just around the corner and very great ».

And so it was done: It was all decided I’ll move three week later with Z.,  Stambouliote and German-raised in a well-known Austrian school on the Bosphore.

The next day I was entering the university.

We drove from Paris to Berlin at the end of August. After Magdebourg, the plain, flat landscape of East Germany welcomed us. The road was still lined with watchtowers, the pine-trees about to flamb on this incredible hot summer. We saw the stands before the Olympic stadium, where in 36 the audience was sitting, waiting for the marathon runners to arrive.

We finally arrived on the Ku’damm.

Looking for a room was an exhausting job by 38°C. In the east part of the city, we found something in a huge barock decorated flat. I was not sure the landlady was perfectly normal, but we were so convinced Berlin was a crazy city that we didn’t pay so much attention to a place I should stay only a month.

Back home I had two days to organized a party. 20 people came to say goodbye in the very small flat of a father’s friend in my old beloved hometown.

Few days later, I took the over-night train with my best friend and arrived in Zoologischer Garten at 8am, on the 1st September of 2002.

As we were in the taxi driving through the sunny city, I thought that I hated this place where I has felt so uneasy. Exactly at the same second, a small voice in my head babbled « Perhaps you will actually still be there in 10 years from now? ». I was 20 and far away for the very first time.

I remember very well the day when, sitting under the warm sun on the stairs in the Sorbonne courtyard, my old friend told me so excited on the phone that she had met the man of her dreams in a vineyard. And could I believe that E., the annoying guy we knew in common, was just going to exactly the same courses than I was going to go? I sighed as much as I could. Not this one, too. Few days later, he was sitting next to me when I was just trying to avoid him as much as I could.

Paris was sunny, we stayed in the coffees spending our last francs on lemonade and sandwiches.

One day in October, exhausted and grumpy, I took the train to go to a birthday party under a roof in Chartres. There was the strange people I’ve met the summer before, who believed in strange things and drank whisky between two cigars while I was coughing and cooking to avoid eating ashes. And there was their old friend I didn’t know who was supposed to show up after an 11-hours journey by train.
Then, He climbed the stairs but just after he saw me, he felt down and ended up in the hospital. When he was released the next day, I cooked pasta for him, being for ever the nice caring little and grumpy girl. And that’s how I unexpectedly became a seaman’s girlfriend. A French seaman, who have decided to go as far as North Germany to study complicated fluid thermodynamic and maritime rules.

Letters followed postcards, trains followed trains, holiday long week end and phone bills remind me how was the time before Skype. When the year was about to finish, my German history professor didn’t have to do much to convince me to go to Germany to write my master. A holiday, an intership and a weird meeting on a container ship in Le Havre later, I packed my things and cast off for Berlin.

(to be continued)

It is perhaps time to tell my story. For many years I let indications slip, but I never tell the entire movement of my life in Berlin. I didn’t close the blog because I knew it was one day coming to an end, and that I should want to close this chapter properly.

I always hated German class. From the first one, I knew I couldn’t understand a word. My teacher had said, the year before, that I should never enter this class. And so started 13 years of suffering.
In the 2nde, the very first day, I’ve been pointed out by our vulgar, fish-seller voiced horrible teacher. She said, after the first 5-minutes test, that I should never have been allowed to sit in this class of high-intellectual students. That just my presence was a devaluation of the all class.

For a year, she humiliated me publicly every day. Every single day, I arrived with my stomach torn, my hands shaking and the feeling of an immense injustice. One day, I couldn’t get any more pain, as she called me at the black-board. Me, the little, round, four-eyed girl, I told her to give me a zero right now, so we can spared ten minutes of torture. She cancelled the test. An other day, I came with a knife in order to burst her tires open. But that day, she was in charge of bringing home a class-mate who was living far away. The knife went back into the drawer.

Two years later, as I read the marks I’ve won in German on the boards of my school, she kissed me on both cheeks. I ran as quick as I could to the toilets to clean this horrible mark upon me. But it was too late: I had been bewitched.

I was foolish to believe that my torture was coming to an end. A preparatory teacher loves torture. The only good thing about it was that, instead of being the only one, there was 20 of me in my class. At the end of the year, a lot of us had to leave the lycée because having 2 on 20 does no good to your yearly average mark. Despite the help of the other professors, I was kicked out.

I loved German so much.
Well, to be perfectly honest, I already had realized, many years before that time, that I actually enjoyed speaking German. My best friend was called Birgit, lived in Duisburg and showed me that life is very different than school.

In the second year after the bac, I found myself in an other lycée, in an other German-class. And what the teacher said actually saved me: « You could never been good at translation, it won’t avoid you to be able to speak the language ».
I don’t remember his name, but thank you a lot Mister Professor.

The year after, I started in the University. There was a class of German History. I went there, mischievously thinking that it would be easier, because obviously no one was willing to learn anything about Germany in the modern times.
It was in October 2001. My world was changing very fast, but I couldn’t see it yet.

(To be continued, sorry for the mistakes)

On a roof

Hey guys

Writing is a kind of therapy, isn’t it? If it’s not by the writing itself, it is through the attention you catch by complaining with a keyboard under your fingers and a plateform you share. Thank you so much for the comments I haven’t published, because I keep your dear words for myself.

Don’t ask me why I’m writing in English too -it’s just the way it feels right now. Perhaps a way to keep a certain distance between the people and the city, being an outsider in the place you live in. To beg for forgiveness for the mistakes and open new routes for the future.

And to keep smiling too, the proof that the 21st Century of Lady Gaga has not invented anything, but that the 80’s were as well much more fun:

Mmmm. At the moment I’d just like to run away from everything. Everything seems to be heavy, difficult, painful. I don’t want to see anyone, I’d like to be able not to talk, and I find myself writing here, after so many weeks of deep silence.

Berlin is sunny and beautiful at that time of the year. We never had such a nice winter, the sun gratified us with a lot of appearance, spring is coming fast, the air is just cold as it should be.

It feels awful. The light doesn’t change a thing. I don’t see the city, I don’t understand what it wants from me. I just want away, far away, to dive in something else, closer to what I really am.

People are still coming to this place that doesn’t look like anything now. If you’re not fashion, hype, mother, diso, dancing, culture-oriented, cool, international, you are just nothing.

My friends leave. People change. The city has changed. It is normal, and more than anything, it is positive. I’m the only one stuck there, with the same non-evolving perspective.

And I just don’t know what to do.

Mise au point

Pour ceux qui se poseraient la question, l’adresse berlin.20minutes-blogs.fr ne m’appartient plus, je ne suis pas l’auteur du blog photos qui s’y est installé.

(et oui, bloguer me manque. Keep looking)

The End

Et voilà, c’est la fin de Berlin Berlin. Après des années de bons services, il est temps de fermer la boutique. J’espère que vous y avez aimé ce que vous y avez trouvé.
Joyeux Noël à tous,
Caroline