éducation

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Depuis que j’habite au-dessus d’une école j’ai l’occasion d’entendre les enfants tous les jours. Et comment on leur crie dessus.

J’ai toujours pensé que l’éducation à la française avait des avantages incomparables. Les enfants sont en moyenne polis, et les parents se sentent investis du devoir de manifester bruyamment leur mécontentement si Hercule ou Steven pique une colère dans le métro. Dans la cour, ça crie, ça menace, ça punit. On inculque aux enfants les valeurs fondamentales: obéir, respecter l’autorité, être poli.

Le problème c’est que le but de l’éducation n’est pas de satisfaire les oreilles des adultes ou d’assouvir nos désirs dictatoriaux sur des êtres plus faibles. Les gens ont moins de patience pour les enfants que pour les chiens. Il me semble que l’éducation vise à aider les enfants à grandir, et à devenir des adultes indépendants et responsables.

Quand on arrive en Allemagne, on est effrayé par l’apparent laxisme de la plupart des parents. Ils ne crient pas sur leurs enfants, ils leur demandent leur avis, à l’école certains cours tournent à l’échange d’avis devant un professeur qui joue au modérateur. Il n’y a parfois pas beaucoup de contenu, et on n’a pas pris une seule note pendant 45 minutes. Je me souviens d’un gamin qui arrosait en battant des pieds dans l’eau toutes les personnes assises tranquillement autour du bassin. J’aurais balancé ses deux mères, qui lui demandaient d’un ton égal d’arrêter, à l’eau avec lui.

Dès qu’on peut on essaye de grandir! Trop injuste!

Aujourd’hui je me demande si ce n’était pas une réaction à courte vue.
Depuis que je suis rentrée à Paris je suis effarée – le mot ne rend pas compte du désespoir profond qui m’accable- par la passivité des gens qui m’entourent. Certes, ils se plaignent avec une constance inégalée. Mais si une réunion arrive, pas un ne moufte, ne pose une question, ils regardent leurs mains et comptent les secondes s’égrener. Les ordres sont acceptés comme inéluctables, les chef sont craints, et une fois le poste atteint, le plus petit d’entre eux se cabre sur son autorité nouvelle comme un enfant qui va faire un mauvais tour.

Tous se comportent comme de petits élèves soumis qui attendent de devenir les grands de la cour.
Bien sûr, apprendre aux enfants à écouter les adultes est une mesure de salubrité pour eux. Leur expliquer qu’on sait mieux et qu’on peut les protéger est indispensable. Leur enlever des responsabilités qui les dépassent est nécessaire pour leur permettre de grandir avec un peu d’insouciance. Mais, en France, écoute-t-on les enfants? Leur parle-t-on aussi d’un ton égal, essaye-t-on de les convaincre aussi, et pas seulement en leur hurlant dessus?

Enseigner aux enfants la crainte, la menace et l’obéissance est un cocktail dangereux qui donne des adultes frileux, terrorisés et incapables d’exprimer une idée. Leur faire croire en permanence qu’une personne supérieure à la réponse à tous les problèmes les briment et les rend bêtes. En tout cas, c’est ce que j’ai l’impression de constater autour de moi.

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