Il m’a fallu trois jours enchantés pour me remettre les idées en place. Les parcs étaient recouverts d’une herbe moelleuse et verte, et j’ai respiré à plein poumon. Décidément, l’herbe est plus verte à l’est. Les appartements étaient aussi immenses qu’auparavant, les amis étaient là, les bars n’avaient pas bougé. Le soleil berlinois brillaient au-dessus de nos têtes.
Et finalement, je n’ai plus regretté d’être rentrée. Une coupe de cheveux et deux discussions professionnelles plus tard, j’étais enfin en paix avec mes décisions. J’ai accepté d’être ce petit bout d’Allemagne ici, de rapporter avec moi ces années à l’est, de porter le flambeau du franco-allemand, vous savez, cette chose qui n’existe pas, sauf pour ceux qui l’ont inscrite très profondément en eux.
Un jour je repartirai, j’espère que Berlin m’accueillera de nouveau, pour y vivre un nouveau chapitre. Mais pour le moment, c’est un autre défi que je me suis fixé, celui d’apprivoiser un peu le monstre de pierres blanches et de fer forgé qui grouille sous mes fenêtres. Les derniers échafaudages ont été enlevés ce matin, pour la première fois je vois le ciel au-dessus de Paris. Je veux avoir le meilleur des deux, cela doit bien être possible.
Presque trois mois séparent les deux photos, à Berlin et Paris. Vivement le prochain voyage!



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