Ce n’est pas tous les jours dimanche

Le dimanche, on mange un rôti. Le samedi midi, c’est des abats, avec une prédilection pour le rognon de veau. Mais le dimanche, c’est plus souvent un rôti, ou un poisson au court-bouillon. Bientôt, ce sera la meilleure saison de l’année, celles de coquilles Saint-Jacques. Mais autrement, le rôti fait toujours l’affaire pour un dimanche midi.

Quand on ne travaille pas pendant la semaine, on attend avec encore plus d’impatience le week-end. Pour ne rien faire, comme tous les autres, et non pas être le seul à ne rien faire. Un camarade de chômage et déjà la vie est moins lourde. Una activité de prévue, et on se sent presque utile. Pourtant au milieu des 3 millions d’autres chômeurs, on fait parti d’une minorité visible.

Il est de sujets dont on n’a pas le droit de parler, des choses qu’on n’a pas le droit de penser. Les gens s’engueulent à la télé, les publicités passent en boucle, les journaux sont subventionnés. Il pleut. Je ne sors plus de chez moi.

Etretat

On parle du monde qui s’écroule et qui va bientôt disparaître. Le nihilisme jusqu’aux confins de l’univers. Enfin, de notre univers. La semaine prochaine des habitants du monde naissant doivent faire une visite ici. Je me demande comment ils reviendront.

J’ai mis le pied dans une porte en train de se refermer. Une fois de plus, on m’a pris pour une enfant débile. Une fois de plus, j’ai réalisé que j’avais laissé passer le train. Que l’orgueil est de mauvais conseil. Qu’il faut peut-être suivre suivre la petite voie, se faire le plus petit possible et accepter ses défauts avec humilité. Ne rien attendre de trop grand, reconnaître que de bonnes choses se sont passées, mais qu’elles sont passées. Une retraite de l’expérience. Le train ne passe pas deux fois.

5 thoughts on “Ce n’est pas tous les jours dimanche

  1. Que l’orgueil soit de mauvais conseil, c’est une chose certaine. En ce moment mon mantra personnel est « l’humilité confiante ». J’accepte de débuter, d’être mauvaise à ce que je vais, de partir de zéro. Quand la famille attend beaucoup de nous, on a intériorisé la croyance qu’il fallait beaucoup attendre de soi, mais pas forcément qu’on avait le droit de prendre le temps pour arriver à faire les choses correctement.

  2. Ouh là là comme il me parle ton dernier paragraphe… après l’excitation d’une vie trépidante qui finalement s’agite et ne va nulle part, c’est dur de se reforger des repères plus modestes mais à sa mesure, sans trop se révolter et rejeter ce monde qui nous entoure mais ne nous porte pas. Accepter qu’on aurait pu faire ou choisir mieux, oui… mais, peut-être dans une autre vie, ça ne doit pas nous empêcher d’avancer dans celle là:-)

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