La mer

La réalité est relative. Le plus étrange est d’avoir perdu l’horizon. Coincée entre deux mondes possibles et ne rien voir d’aucun. La solitude doit pouvoir tuer, elle rend fou et et on a l’envie de perdre pied, un peu plus loin, dans l’océan.

Pendant un moment on flotte entre deux eaux. On ne sait plus rien. On n’est personne, encore, on nait une nouvelle fois. Une autre vie aurait été possible, une différence minime, pour que les choses aient tourné autrement.

DIx ans pour comprendre, le comprendre, savoir enfin, saisir ses mots ; il avait raison: on ne respire bien qu’au bord de la mer. Elle apaise, elle noie les chagrins. On avance encore un peu, on passe la bouée, on touche la coque des bateau. Plus rien n’existe.

On revient doucement, le soleil dans les yeux. Pendant quelques secondes on croit qu’il sera là, que tout a suivi son cours, que des enfants courent sur la plage. On espère que la mer a lavé les erreurs et qu’on a eu droit finalement à une deuxième chance.

Mais la seconde est passée. Il n’y a personne sur la plage, juste un sac bleu. Il y a des enfants qui font des pâtés de sable, mais ce ne sont pas les mêmes. Il y a d’autres gens qui bronzent, mais il n’est pas là.

Un instant le temps s’est arrêté. Comme une fenêtre ouverte sur ce qui aurait pu être. Ce qui aurait du être. Sur le cour normal des choses.

Mais il y a dix ans le train est sorti des rails. Depuis, perdue, j’erre.

 

2 thoughts on “La mer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>