L’avenir de la presse est un sujet de débat brûlant, surtout à Paris. Dans la ville j’ai l’impression qu’une personne sur deux à à voir avec les médias, qu’il soit monteur, rédacteur en chef, producteur ou pigiste. Les journalistes n’aiment pas quitter la capitale. Présente à une rencontre franco-allemande, j’ai eu la surprise de me faire aborder par beaucoup des présents qui cherchaient un moyen de se faire une place sur le journal. La méconnaissance du fonctionnement de cette industrie, les critiques dont on m’abreuve m’étonnent toujours.
Surtout que la très grande majorité des gens n’achète plus un journal.*
Prise un jour de très très beau temps sur les bords du Wannsee, alors que les journalistes parisiens me demandaient pour quelles raisons saugrenues je voulais vraiment quitter Berlin, vraiment?
Avec mes amis on réfléchit très souvent de ce qui va se passer. France Télévisions qui tangue, c’est toute la ville qui prend l’eau et les répercussions touchent tout le monde. Ce qui me surprend le plus c’est le fossé que je vois entre moi et certains de mes collègues. Ils ont trois ans de moins que moi mais pensent que l’avenir sera sur internet. C’est là qu’ils veulent travailler et sur ce média qu’ils veulent être publiés. Je ne suis pas d’accord. Je ne pense pas que le média soit important. Je pense que l’information prime sur le support, et que le plus important, c’est de monétiser de la valeur-ajoutée. Les grands sites, les plus populaires, ceux qui vous vantent leur millions de pages vues par semaines, ne gagnent pas d’argent. Ils n’ont donc pas trouvé la solution, qui visiblement ne réside pas dans la gratuité pour tout.
On pourrait parler longtemps du futur des médias mais ce n’est pas mon sujet. C’est plutôt la différence vraiment importante qui me sépare de journalistes qui ne sont qu’un peu plus jeunes que moi. La plupart d’entre eux n’a jamais envisagé de travailler pour un média imprimé, parce qu’elle avait déjà tous les neurones plongés dans le net lors de leurs études. Moi je continue de lire le Spiegel (presque) toutes les semaines parce que ce n’est pas la même chose que l’écran. On peut lire des articles plus longs, l’hebdomadaire laisse le temps au journaliste de faire ses recherches, on n’a pas encore trouvé la tablette qu’on peut rouler dans son sac. Bien sûr cela marcherait aussi sur le net. C’est cela que je veux dire: le support est secondaire. Internet offre beaucoup de possibilités d’enrichissement, mais ce qui compte le plus, c’est la qualité du traitement, la richesse de l’information, la spécialité du journaliste et donc l’acuité de son regard. Au lieu d’aller faire des journalistes de plus en plus jeunes, généralistes et sans perspectives de progrès, on devrait donner une place à des spécialistes, des investigateurs, des gens qui apportent un contenu que le lecteur aura envie d’acheter.
*Quand avez-vous pour la dernière fois acheté un journal? ^^ Il faut bien qu’on me paye pourtant.

Je rejoins ton point de vue. Peu importe le support, pourvu qu’on ait l’information. Mais pour moi, internet va effectivement remplacer les quotidiens. Par contre, depuis quelques années, les enquêtes longues et recherchées je ne les lis plus dans les quotidiens ni même dans les hebdomadaires. Par contre ma consommation de bimensuels ou trimestriels a explosé. ça a commencé avec XXI, puis Usbek et Rica, Neon, Muze, Causette… Ca correspond mon mode de lecture et de fonctionnement. Mais tout ça évolue plutôt très vite.
Je n’achète plus de journaux , je suis abonnée de puis un an au Monde et à Libé , que je lis sur tablette , c’est confortable et suis sûre d’avoir mes journaux .