Conserver les vieux immeubles, bouger en silence dans un musée fragile dont on célèbre la beauté irremplaçable…
Pester contre les prix de l’immobilier, craindre de perdre son foyer, regretter l’absence de parcs et de verdure.
Ce sont les deux facettes de la même médaille. Paris crève de sa beauté, de son patrimoine, de son conservatisme. Figée il y a un siècle, la ville se drape dans se vieilles robes sans réaliser qu’elles sont mitées. Heureusement que les hommes préhistoriques n’ont pas conservé leurs premières maisons, que le feu a détruit Londres et Hambourg! On ne construit rien sans abattre le passé. Plus on veut conserver, plus on rétrécit le champ d’action des jeunes, plus on brime la nouveauté, plus on nous empêche de respirer. La peur du futur nous paralyse, on préfère caresser nos collections nostalgiques. Imaginez que Paris aient gardé les huttes des Gaulois, toutes les villas romaines, les mansardes moyenâgeuses. Qu’on aient voulu garder le vieux Louvre crènelé, qu’on ait jamais construit les Invalides pour conserver les champs…
Les Chinois disent que le passé est devant nous, et que l’on marche à reculons. C’est exactement ce que font les Parisiens, angoissés et terrifiés.

Problème complexe à gérer. La versaillaise que tu es apprécierait-elle la construction de logements sociaux dans les jardins du parc ? Après tout, nous avons plus besoin d’appartements que de vieux symboles monarchiques.
Paris résiste probablement grace à ses tarifs élevés, raser un immeuble haussmanien à 9000€/m2 est plus couteux que son ancêtre à l’époque de Lutèce mais le rouleau compresseur est en marche. Les aérodromes désormais dans les mains des élus locaux grace à la décentralisation sont vite livrés aux promoteurs avides de terrains en ville, les casernes subissent le même sort lors des fermetures de plus en plus nombreuses. Bientôt, les lieux de culte de plus en plus délaissés que sont nos églises seront des cibles de choix pour les vendeurs de pénurie de logements.
La question est de savoir jusqu’où aller ? « Demain », en 2050 nous dit-on, la viande sera un mets inaccessible pour le commun des mortels, faute de paturages et d’eau en quantité suffisante. Faudra-t-il se contenter de vers de farine grillés pour être modernes ? Après tout, les asiatiques en rafolent.
bonne reflexion;
Probleme, en plus du fait que les parisiens soient attachés à leur Haussmanien, c’est aussi ce que viennent voir les touristes.
En ce qui concerne Versailles, le parc du château a déjà perdu depuis le XVIIè à peu près 80% de sa superficie. Parly 2 et la moitié de Versailles se sont construits sur l’ancien parc domanial, et c’est normal. Je pense juste qu’on pourrait choisir un peu plus ce qu’ont sauvegarde. Le château de Versailles, la cathédrale de Beauvais ou la maison Kammerzell sont des monuments uniques à préserver, mais pas chaque bout de toiture vernissée, pas chaque immeuble parce qu’il est vieux. Paris se fossilise, et oui c’est beau, mais on n’a qu’à dire que c’est un musée et virer simplement les gens qui y vivent. Ou nous transformer en guides.
On pourrait aussi annexer toute la première couronne histoire d’agrandir la capitale, ce qui ne serait pas illogique quand on compare la superficie de Berlin ou Londres à Paris intra-muros